We Will Punk You! | Blaenavon au Workmen’s Hall
207
post-template-default,single,single-post,postid-207,single-format-standard,ajax_fade,page_not_loaded,,qode-title-hidden,qode_grid_1300,hide_top_bar_on_mobile_header,qode-theme-ver-14.5,qode-theme-bridge,disabled_footer_bottom,wpb-js-composer js-comp-ver-5.4.7,vc_responsive

Blaenavon au Workmen’s Hall

image

Le 10 mai dernier, le groupe Blaenavon organisait son premier concert dans la ville galloise qui lui donna son nom. Nous y étions et vous racontons cette « inception » d’un autre genre. Disclaimer : c’est un récit d’aventure qu’on vous offre aujourd’hui.

Cette information n’aura certainement plus rien d’un scoop, Blaenavon (The Rock Band) tient une place toute particulière dans le cœur de la rédac. C’est donc sans hésiter qu’il y a un mois de cela, nous achetions nos billets pour rejoindre Blaenavon (la ville), impatients de vivre ce grand moment d’anthologie (et d’absurdité). Après un peu plus de 15h de voyage pour rallier la campagne galloise et de nombreux plot-twists dans l’organisation de notre périple, nous avons pu profiter d’une après-midi ensoleillée placée sous le signe de la bière et du vin blanc. Quelle surprise lorsque, en descendant la rue principale de la vile, Frank Wright (bassiste du groupe) nous interpelle d’un ton enjoué : « Hey ! You’re the bikers, right ? » Avant de partir, nous pensions louer des vélos et camper derrière un pub d’une ville proche au nom imprononçable. Rattrapés par la réalité déplorable de notre état physique et mental, l’idée fut toutefois rapidement écartée.

image

(c) crédit photo : Théodore Swaddling

19h, les portes du Workmen’s Hall de Blaenavon s’ouvrent. L’ambiance y est tout de suite très détendue. Derrière le contrôle des billets, les membres de la Blaenavon Male Voice Choir discutent dans l’attente du moment où ils entreront en scène. Un rapide passage au bar et nous voilà enfin dans la salle où le concert prendra place. On remarque tout de suite les fans du groupe qui se sont déplacés pour l’occasion se ruer sur le premier rang. Le reste du public est principalement constitué des proches de la chorale et des curieux des environs, impossible d’établir une moyenne d’âge de l’auditoire tant celui-ci est diversifié.

C’est sur les coups de 20h que Boy Azooga, première partie désignée de ce concert unique et mythique, commence sa performance. Le groupe nous offre des compositions intéressantes placées au croisement d’une pop rafraîchissante et d’un rock psychédélique enivrant. Une proposition qui fait se lever quelques personnes (*ahem* nous *ahem*), décidées à danser, crier, profiter et rendre aux quatre garçons originaires de Cardiff cette énergie qu’ils nous envoient. Un conseil : allez rapidement écouter Jerry ou Breakfast Epiphany, dont les mélodies ont sur l’esprit l’effet vaporeux d’un verre de cosmo un soir d’été. Et pour ceux d’entre vous qui cherchent des airs plus rythmés, Face Behind Her Cigarette ne demande qu’à être découverte. (On a aussi noté une chanson qui prend plaisir à crier « Upside down, OOH ! » mais, à notre grand regret, impossible la retrouver sur la toile. À suivre.)

image

Il est 21h quand Blaenavon entre scène, sous les applaudissements d’un public particulièrement enthousiaste (et on a eu le temps d’aller fumer une clope, merci de vous en soucier). Tout de suite, le temps et l’espace semblent n’avoir plus aucun pouvoir sur nous. C’est une dimension nouvelle pleine d’émotions intenses qui nous entoure maintenant. Les artistes, par leur présence scénique et l’aura qu’ils dégagent, se posent tout de suite en guides : tantôt transportés d’une joie immense, tantôt frappés d’une profonde tristesse, c’est sans transition et sans repos que Benjamin (voix, guitare), Frank (basse) et Harris (batterie) nous emmènent à travers ce beau voyage d’introspection. Difficile de savoir si l’on en ressortira vivants, mais qui s’en soucie ? Tout le premier rang s’est levé pour s’approcher de la scène et une énergie incroyable de communion bordélique s’en dégage.

image

Si dans notre dernier article nous vous parlions de la version live de Lonely Side comme étant notre préférée, cette fois-ci c’est bien celle d’Alice Come Home que nous retiendrons. L’atmosphère s’en dégageant et le silence l’accompagnant ne pouvait qu’éveiller en nous cette sensation que l’on retrouve les soirs de violente mélancolie, où le monde entier ne semble plus exister (ou exister un peu trop peut-être). On remerciera l’architecte de la salle d’avoir construit de petites marches pour accéder à la scène à l’endroit où l’on se trouvait parce que nos jambes avaient vraiment du mal à se souvenir de leur fonction primaire. Heureusement, le groupe enchaînait bientôt sur l’entraînante Prague ’99 et la scène se retrouva vite habitée par une foule de fans entraînée par les plus téméraires (*ahem* nous *ahem*). Une façon, le temps d’une chanson, de dire merci aux artistes en vivant avec eux un moment de défoulement total. Une façon, le temps d’une chanson, de se rapprocher d’eux et de trouver une connexion à double sens. Une façon, le temps d’une chanson, de prendre des selfies pour dire à tout Instagram qu’on y était (disclaimer : aucun membre du groupe n’a été abîmé durant l’invasion de la scène, ne pas reproduire chez soi).

Le temps pour tout le monde de regagner le sol, pour le groupe de disparaître en coulisse et pour le rideau du fond de tomber, les vraies stars de la soirée, ceux que l’on est venus acclamés des quatre coins de l’Europe apparaissent enfin :  la Blaenavon Male Voice Choir, resplendissante dans ses blazers couleur sapin. Ce sont des versions magistrales d’Orthodox Man et Swans qu’elle nous offre, accompagnée de Blaenavon (le groupe – oups ! on a bien failli les oublier), avant de finir sur le National Anthem gallois qui nous laissa sans voix (on rigolait beaucoup, ingrats que nous sommes). Les fans originaires du pays n’ont pas mis bien longtemps à retourner sur la scène pour joindre leurs voix à celles de la chorale, pendant que les trois anglais accompagnaient ce tableau de leurs instruments.

On notera aussi l’humour du chanteur, Benjamin, dans cette phrase que l’on ne pourra oublier : « We’re Blaenavon, you’re Blaenavon, they’re Blaenavon, this is Blaenavon… Blaenavon ! » De quoi donner mal au crâne à une autruche (animal choisi totalement indépendamment de son quotient intellectuel présumé et du fait que l’auteur de cet article considère qu’un être doué d’une intelligence inférieure est moins facilement sujet à la migraine).

Le concert étant fini, un groupe éclectique composé de fans, de membres de la chorale, de proches des artistes et autres personnes présentes décide de se rendre au bar de l’hôtel où le groupe loge afin d’y passer une « massive night out » (selon leur propre tweet, on notera toutefois que celle-ci ne dépassera pas les 3h du matin) dont tout le monde se souviendra. Entre bières, cosmos, échanges variés avec les artistes, remerciements pour ce qu’ils nous offrent et autres recommandations musicales, nous avons rapidement perdu le compte des verres de chacun. On ne vous laisse pas imaginer notre état le lendemain (croyez nous, c’est pour votre bien). Information importante à retenir de la soirée : Benjamin aime daber de façon gênante, Lorde et… les One Direction. Mais soyons honnêtes, qui ne les aime pas ?

Merci à Theodore Swaddling pour les photos de cet article.

Tags:
Nicolas Tritz
Nicolas Tritz
contact15@wewillpunkyou.com