We Will Punk You! | Boston Manor et Casey au Royaume-Uni
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Boston Manor et Casey au Royaume-Uni

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   Il y a quelques semaines, nous avons eu la très grande chance de nous envoler pour le Royaume-Uni (en bus, en fait, 16 heures au total de Paris jusqu’à Liverpool), pour assister à la tournée anglaise de Boston Manor. Accompagné du groupe gallois Casey, les anglais nous on fait passé l’une des meilleures semaines de notre vie et nous ont prouvé chaque jour un peu plus qu’ils ont leur place sur scène.

Les cinq dates de la tournée se sont déroulées bien trop rapidement à notre goût. Quatre dates en Angleterre pour commencer: à Liverpool, en premier, puis à Newcastle, à Swindon, suivi de Bournemouth dans le sud et enfin à Cardiff, au Pays de Galle. Puis, nous avons également assisté à leur performance au Slam Dunk Festival à Birmingham. Si vous avez l’occasion de les découvrir sur scène un jour, n’hésitez pas. Ils en valent vraiment le coup. Après chaque concert je me suis demandé « Est-ce que je vais cesser d’être impressionnée, cette fois ? » Mais non. C’est le genre de groupe dont on redemande toujours plus et dont on ne se lasse pas ! Chaque soir était plus émouvant que le précédent.

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Henry Cox (Voix), Jordan Pugh (Batterie), Mike Cunniff (Guitare), Ash Wilson (Guitare) et Dan Cunniff (Basse) sont pleins de talent. Nous avons eu la chance d’interviewer Mike et Jordan le deuxième jour, à Newcastle et ils nous ont parlé de leurs débuts. Ils avaient seize et dix-sept ans quand ils ont commencé à jouer de leurs instruments respectifs. La guitare pour Mike ; « Tous mes professeurs à l’école disaient que j’étais mauvais. J’avais l’impression que je ne pouvais pas faire de musique donc une année, je ne sais vraiment pas pourquoi j’ai fait ça, j’ai demandé une guitare pour Noël. Et mon frère [Dan, le bassiste du groupe] en a eu une aussi, et à partir du moment où je l’ai eu, je ne l’ai plus lâchée. J’en jouais tous les jours et j’ai appris tout seul. Je suppose que si moi je peux le faire, tout le monde peut. » et la batterie pour Jordan ; « La principale raison pour laquelle j’ai commencé c’est que tous mes potes du lycée faisaient déjà de la musique donc je me suis dit que j’allais essayer et apprendre à jouer d’un instrument. Je n’ai pas vraiment joué d’un instrument avant d’avoir seize ans et un jour je l’ai fait. Il faut juste commencer, essayer et on ne sait jamais ce qui peut arriver, ça pourrait marcher au final ! ». De quoi donner espoir à tous les jeunes qui voudraient se lancer maintenant ! Il n’y a pas d’âge pour commencer.

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Cette dernière année a été particulièrement fructueuse pour Boston Manor. Depuis la sortie de Be Nothing., le 30 septembre dernier, ils ont eu l’opportunité de partir en tournée et de réellement commencer à vivre de leur musique. « [Tourner, rencontrer des gens], ça ouvre définitivement les yeux. » « C’est toujours irréel, on arrive à un point où on essaie vraiment de ne vivre que de ça. Mais c’est toujours dur d’arriver à ce stade là donc on est juste content d’en être jusqu’ici. » Ils se rendent bien compte que leur musique impacte un bon nombre de personnes autour d’eux et c’est aussi ce qui les motive. « Juste voir la réaction des gens, ça nous encourage à continuer de faire ce qu’on fait, à faire plus de musique, à la rendre meilleure et juste donner à nos fans ce qu’ils veulent. » Pourtant, ce n’est pas toujours si simple que ça pour le groupe. Lorsque nous abordons le sujet du Brexit et de l’impact que ça pourrait avoir sur leurs futures tournées européennes, ils n’hésitent pas à confier leurs inquiétudes. « Je pense que ça pourrait nous revenir bien plus cher que ce qu’on imagine ce qui pourrait fermer les portes de l’Europe à beaucoup de groupes. […] C’est déjà assez difficile comme ça de s’exporter, d’avoir du soutien là-bas, donc là on se retrouverait face à des obstacles en plus…ça va devenir impossible. ».

Ils n’ont cependant pas de soucis à se faire au Royaume-Uni. Leur dernière tournée en tête d’affiche affichait complet presque à chaque date, et l’accueil qu’ils ont reçu était franchement impressionnant. C’est probablement dû aux très bonnes critiques qu’a reçu leur album Be Nothing. mais aussi à la présence scénique des garçons. Engagés, ils nous ont de nombreuses fois prouvé qu’ils ne sont pas que là pour jouer leurs chansons et repartir, mais aussi pour défendre leurs valeurs, d’égalité et de justice. Le premier soir, Henry a parlé des élections au Royaume-Uni. C’était le dernier jour, le 22 mai, pour s’enregistrer aux votes et il l’a rappelé sur scène. C’est toute la salle qui s’est mise à scander le nom du leader du parti travailliste, Jeremy Corbyn, dans une unité parfaite qui représente bien la cohésion de la scène punk et l’esprit de justice sociale qui la caractérise. Le deuxième soir, le groupe s’est arrêté de jouer en pleine chanson pour protester contre la sécurité qui essayait d’exclure de la salle quelqu’un qui faisait trop de stage dive ; « It’s a fucking rock show we’re here to have fun he’s not hurting anyone ! Bring him back ! ». On apprécie l’honnêteté du groupe qui se traduit dans leur façon d’agir. Ils ont une relation forte avec leur public et ça se ressent vraiment.

Cette tournée a été riche en découvertes. En plus de Casey, d’autres groupes locaux ont ouverts pour eux dans chaque ville. Parmi ceux que nous avons préférés : Pine à Liverpool, A Way With Words à Swindon, et Better Days à Newcastle. Mais ceux pour lesquels nous avons réellement eu un coup de cœur, c’est Casey !

Casey, c’est de la poésie, c’est un rythme de batterie entrainant et puissant, qui résonne, le genre de chanson qui fait vibrer à l’intérieur et qui se répercute dans chaque organe. C’est des paroles à hurler qui procurent une satisfaction étonnante. (Our hearts lay on the bedroom floor, and one was mine // but both were yours ; Because even children are capable of love // but we weren’t ; I never asked to fall in love so young ; et tant d’autres) C’est un groupe qui te donne l’impression d’avoir le cœur brisé sans même que ce soit vrai. C’est doux et violent à la fois, vulnérable, revigorant. Love is not enough nous semble être un titre parfait pour l’album de Casey. L’expérience live est vraiment intéressante et particulière, et à la dernière date de la tournée, nous étions 100% conquises. Parmi nos préférées : Passion Flowers, Little Bird, et Bloom, que nous vous invitons évidemment à aller écouter.

[Setlist complète : Blom, Darling, Teeth, Little Bird, Passion Flowers, Hell.]

 

Au tour de Boston Manor de monter sur scène. Les concerts de Boston Manor suivent la même setlist chaque soir, sauf lors des deux derniers concerts où Gone s’est faite écartée. Le show s’ouvre sur Burn You Up, hymne violent et virulent qui annonce directement l’ambiance générale. « There’s blood on your hands, SO WASH IT OFF !! » C’est une énergie folle qui en découle, aussi bien sur scène que dans le public. Dès le premier jour, nous avons été impressionnées par la bestialité qui règne dans les salles anglaises. Si le public français peut parfois sembler un peu réservé, là c’est tout le contraire. Impossible de ne pas finir en sueur dès la première chanson, et complètement essoufflé à la fin du concert. C’est le genre de show qu’on aime, nous, ceux qui demandent tellement d’énergie qu’on en ressort vidé, mais qui pourtant revigorent tellement ! Les musiciens se défoulent aussi, particulièrement Henry qui uniquement armé de son micro nous sert ses plus beaux pas de dance (comprendre : mouvements incohérents) tellement entrainants. Le moment que nous préférons, c’est quand il semble écraser des fourmis à la fin de Cu. C’est vraiment quelque chose à voir, on vous le recommande.

La douleur se lit clairement sur le visage des membres de Boston Manor au moment où nous arrivons à Broken Glass. Chanson la plus calme de la setlist, elle n’en est pas moins puissante et cruelle. Écrite à propos d’un ami qui a vécu un accident de voiture, elle expose toute la haine ressentie face aux conducteurs imprudents qui, par lâcheté ou culpabilité, fuient les scènes de crime. Encore une fois, la foule ne manque pas de chanter en chœur avec le groupe, hurlant le fameux « How fucking dare you ? » avec rage. Henry se tient la tête entre les genoux sur toute la partie instrumentale finale, une certaine souffrance pesant lourdement dans l’atmosphère. La température explose à nouveau directement après lorsque Henry annonce « This one’s a fucking fast one ! Everybody MOVE ! » avant d’entamer Stop Trying, Be Nothing.

Les titres s’enchainent et le groupe interprète des anciennes chansons sous les cris du public, ce qui prouve que le soutien est là depuis longtemps et qu’il n’est pas prêt de se volatiliser. C’est particulièrement flagrant dès les premières notes de Trapped Nerve, tirée de leur EP Saudade. « WIDE AWAKE ! From the pain in your neck ! ». Tout le monde se rue vers le milieu de la scène, doigts pointés en l’air, criant à pleins poumons chacune des paroles de la chanson. Chanson, qui, (il est très important pour moi de le souligner) est probablement l’une des meilleures chansons écrite sur terre et qui procure de nombreux frissons.

Le concert se clôt avec Laika, premier single de Be Nothing., qui laisse tout le monde d’accord, le nombre de crowdsurfs augmentant encore. Bien que fervente défenseuse de Trapped Nerve,  il faut admettre que Laika est également une très bonne chanson pour terminer la performance, avec cette magnifique conclusion « As lonely as Laika, up there all alone, you miss the atmosphere, the stars are now your home ».

[Setlist complète : Burn You Up, Lead Feet, Shade, Cu, Gone, Kill Your Conscience, Broken Glass, Stop Trying, Be Nothing, Driftwood, Fossa, Trapped Nerve, Laika.]

Le groupe nous réserve de belles surprises. Leur deuxième album est en cours d’écriture. Ils ont enregistré des démos, qui sonnent vraiment bien, selon eux, et nous avons hâte d’en découvrir plus. Lors de l’interview, ils nous ont également parlé d’un autre projet. « On est entrain d’écrire l’album. Le deuxième. On a commencé à faire des démos… et puis il y a autre chose dont on ne peut pas parler encore, mais qui va sortir dans les deux prochains mois », et depuis l’annonce à été faite : Le groupe va enregistrer une version de Heathens de Twenty One Pilots pour l’album Punk Goes Pop volume 7, qui sera disponible le 14 juillet. Reprendre un groupe aussi talentueux s’annonce ambitieux, mais s’il y a bien quelqu’un que nous pensons capable de relever le défi, c’est Boston Manor. En attendant, on vous propose de (re)découvrir leur dernier clip en date pour Cu. (Copper), absurde mais captivant.

Vous pouvez visionner notre interview avec le groupe dès maintenant. La retranscription traduite est également disponible ici.

Boston Manor sont actuellement en tournée aux Etats-Unis avec le Vans Warped Tour, mais il nous ont promis qu’ils reviendraient très vite de notre coté de l’océan, à commencer par une performance au festival de Reading & Leeds à la fin de l’été !

Auxane Beau
Auxane Beau
auxane@wewillpunkyou.com

J'aime beaucoup trop d'artistes pour pouvoir en faire une liste ici mais retenez déjà Casey et Boston Manor, ça ira pour commencer !