We Will Punk You! | Neck Deep – The Peace and the Panic
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Neck Deep – The Peace and the Panic

         

  L’été touche doucement à sa fin et les Gallois de Neck Deep couronnent la fin du mois d’août avec leur troisième album The Peace and the Panic. Après avoir entendu des extraits de l’opus au cours des derniers mois, nous attendions beaucoup de l’œuvre entière et nous n’avons pas été déçues.

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Je fais partie des gens qui, a priori, n’adorent pas Neck Deep. Après avoir vu les Gallois en première partie il y a quelques années, j’avais jugé la performance décevante et n’avais pas eu envie de m’y intéresser plus que ça. Néanmoins, au vu d’un consensus total sur les premiers singles du nouvel album, Happy Judgement Day et Where Do We Go When We Go, j’ai décidé d’y jeter une oreille. Ces deux premières chansons donnent une très bonne idée de l’album pris dans son ensemble et m’ont instantanément fait changer d’avis sur le groupe. Beaucoup d’a priori circulent sur la scène pop punk et sur Neck Deep en particulier mais, croyez-moi sur parole, si vous n’écoutez qu’un album vous devriez écouter celui-là.

Les raisons d’écouter The Peace and the Panic sont nombreuses et je vais, tant que possible, tenter de les lister ici. Tout d’abord, toutes les chansons s’assemblent mais ne se ressemblent jamais trop. De l’acoustique Wish You Were Here à la plus bruyante Don’t Wait (qui inclue le leader d’Architects, groupe de métal anglais dont vous nous avions parlé à l’occasion du Longlive Rockfest), les chansons s’enchaînent de manière admirable sans jamais être identiques. Critical Mistake et 19 Seventeen Sumthin’ offrent un son plus pop tandis que Where Do We Go When We Go reprend la comptine anglaise « Rain, rain go away ». Tous les types de pop punk sont présents pour faire de l’opus un chef d’œuvre du genre.

De façon plus personnelle, l’album m’a donné envie de me pencher à la fenêtre pour hurler « Pop-punk is not dead ! ». Le genre s’embourbe de plus en plus dans des albums qui se ressemblent entre eux et dont toutes les chansons sont identiques (même la chanson acoustique d’usage), à tel point que j’en arrivais doucement à douter de mon amour pour cette scène. Neck Deep démontrent avec The Peace and the Panic que le genre n’est pas mort et qu’il doit simplement être réinventé. En ce sens, cet album est une pierre considérable à l’édifice. On reconnaît sans peine l’influence pop-punk et le groupe lui-même mais on note une évolution claire et massive. C’est la même chose en beaucoup mieux et, surtout, en beaucoup plus inventif et original. Rien que pour ça, l’album mérite 5 étoiles et les félicitations du jury (en l’occurrence, le jury est la rédaction de We Will Punk You! mais nous ne sommes pas les seules à le penser).

L’album est écrit de façon intelligente et évoque des thèmes divers. Happy Judgement Day, notamment, dresse un portrait tristement réaliste de la société moderne. Son refrain, « Never thought I’d see the day / When the world went up in flames » (littéralement : « Je ne pensais pas voir le jour / Où le monde partirait en flammes »), évoque l’actualité pour le moins inquiétante des derniers mois. Wish You Were Here est la chanson que nous appelons, avec un manque de tact certain, chanson de l’ami mort et qui est un thème malheureusement assez répandu. Il s’agit de la pause acoustique de l’album et est extrêmement émouvante. Dernier exemple, Where Do We Go When We Go et sa phrase caractéristique : « Pain, pain go away, come back another day » (littéralement : « Douleur, douleur, va t’en, reviens un autre jour ») qui explique assez bien l’idée du titre pour que plus d’explications ne soient pas nécessaires.

Il semble important d’insister sur Wish You Were Here et 19 Seventy Sumthin’, écrites après le décès des parents de certains membres du groupe après la sortie du précédent album de Neck Deep, Life’s Not Out To Get You (2015). Les deux chansons sont nostalgiques mais évoquent le sujet avec poésie en se concentrant plus sur l’amour porté aux défunts que sur la tristesse ressentie par les paroliers. Les deux chansons font néanmoins passer la détresse inimaginable qu’un tel événement ne manque pas de causer. C’est un tour de bras impressionnant dans le cas de 19 Seventy Sumthin’ qui fait partie des chansons les plus pop (comprendre : avec la mélodie la plus joyeuse) de l’opus. On voit ici, en particulier, toute l’intelligence de l’écriture des Gallois et on ne peut qu’applaudir !

Parmi les chansons de l’album, Don’t Wait a particulièrement retenu notre attention, notamment par la présence mentionnée plus tôt de Sam Carter. Ce dernier est le vocaliste d’Architects, groupe de métal anglais. Si le pop-punk et le métal partagent parfois des scènes de festivals et font des apparitions dans les albums les uns des autres (on pense notamment à Bite My Tongue, chanson de You Me At Six avec le vocaliste de Bring Me The Horizon, Oliver Sykes), il s’agit tout de même de deux genres qui diffèrent en presque tout. En l’occurrence, la participation de Sam Carter sublime indiscutablement Don’t Wait. La mélodie de la chanson représente, sans aucun doute, la panique présente dans le titre de l’album par opposition à d’autre chansons comme Critical Mistake ou 19 Seventy Sumthin’ qui, sur un ton plus pop, représentent plus sûrement la paix.

Ces deux chansons méritent d’ailleurs toute votre attention. Plus pop que le reste de l’album elles seront très certainement snobées (pour le principe) par certains alors qu’elles démontrent, plus encore que le reste de l’opus, que le groupe se renouvèle et évolue. La cohabitation de ces chansons est l’essence même de la pop punk. Après la sortie d’In Bloom, la semaine dernière, le groupe a posté un message sur Twitter à l’intention des fans qui protestaient et estimaient que le groupe n’avait pas vocation à faire des titres moins punk. A mon humble avis, l’évolution a du bon. D’autant que des chansons comme The Grand Delusion ressemblent aux anciens titres de Neck Deep et permettent une transition douce entre les différents albums du groupe.

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Notons aussi que Ben Barlow, chanteur du groupe, qui avait tendance à chanter un peu faux sur certains titres auparavant, est impeccable d’un bout à l’autre de l’album. Certains passages d’In Bloom, Heavy Lies, Parachutes ou encore de Wish You Were Here sont remarquables à ce niveau. D’autant qu’au vu du concert auquel nous avons assisté à Birmingham au mois de mai lors du Slam Dunk Festival, ça marche aussi bien en live qu’en studio.

Nous avions hâte d’entendre cet album et nous ne sommes absolument pas déçues. C’est ce que la scène pop-punk attendait avec impatience. Il m’est rarement arrivé de changer d’avis aussi radicalement au sujet d’un groupe et j’admets mon erreur de jugement en écoutant l’album en boucle ! Lors de la cérémonie des Alternative Press Music Awards de 2017, Neck Deep ont présenté la récompense pour le meilleur album de l’année en insistant sur l’importance d’écouter tous les albums en entier et dans l’ordre prévu par le groupe. Je crois utile d’insister là-dessus concernant The Peace and the Panic dont toutes les transitions sont impeccables. N’écoutez pas Critical Mistake autrement qu’à la suite de Don’t Wait, ça gâcherait tout !

Neck Deep, accompagnés d’As It Is, Real Friends et Blood Youth seront bientôt en tournée européenne. Ils seront le 18 octobre au Petit Bain à Paris et le 3 novembre au Connexion Café à Toulouse. Nos équipes devraient être présentes aux deux concerts et nous espérons vous y retrouver nombreux ! En outre, nous sommes partenaires des deux concerts et il n’est pas impossible que des places soient à gagner dans un futur proche sur nos pages Facebook et Twitter. On vous conseille de garder un œil ouvert de ce côté-là…

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Clémentine Tricaud
Clémentine Tricaud
clementine@wewillpunkyou.com