We Will Punk You! | Anna Of The North au Pop Up du Label
191
post-template-default,single,single-post,postid-191,single-format-standard,ajax_fade,page_not_loaded,,qode-title-hidden,qode_grid_1300,hide_top_bar_on_mobile_header,qode-theme-ver-17.2,qode-theme-bridge,disabled_footer_bottom,qode_header_in_grid,wpb-js-composer js-comp-ver-5.6,vc_responsive,elementor-default

Anna Of The North au Pop Up du Label

           C’est sur la minuscule scène du Pop Up du Label qu’Anna of the North, composé de la norvégienne Anna Lotterud et du néo-zélandais Brady Daniell-Smith, viennent nous présenter leur premier album, Lovers. On est vendredi soir et alors que j’arrive dans la salle vers 20h30, il y fait déjà tellement chaud que je suis obligée de retirer les milles et unes couches de vêtements infligées par ce mois d’octobre glacial. Je me rappelle alors que j’ai oublié de prévenir Anna que le Pop Up du Label était un véritable four. En effet, j’ai eu l’occasion de la rencontrer dans l’après-midi même dans le cadre d’une interview. J’y ai découvert une Anna presque timide, enroulée dans ses pulls et ses écharpes, bien loin de l’image que je me faisais de la chanteuse. Vous pouvez retrouver l’intégralité de l’interview en version originale ici et sa retranscription en français ici.

image

Sur papier, on pourrait presque croire qu’Anna of The North est ENCORE un autre groupe d’électropop / d’indie pop composé d’une chanteuse (qui plus est norvégienne, on sait tous à quel point la pop scandinave séduit en ce moment) et d’un gars derrière les machines, qui produit les instrus. Mais non : ce n’est absolument pas l’image qu’Anna souhaite renvoyer. Elle l’affirme haut et fort : Anna of The North n’est juste pas un groupe de pop comme les autres. Quand je lui demande si elle se sent intégrée dans la scène pop, elle me répond qu’elle ne met « pas vraiment Anna of The North dans une case. ». En effet, s’il y a bien une chose qu’Anna ne veut pas, c’est de renvoyer cette image toute lisse de la parfaite artiste pop « je ne veux pas être une princesse de la pop », me dit-elle. Anna of The North, c’est donc une balance entre un esthétique contrôlé et un côté plus brut. Anna n’a pas peur de montrer ses défauts et d’être elle-même à 100% : « J’adore quand quelque chose ne va pas comme prévu car c’est ainsi que l’on peut se rendre compte qu’on est juste des humains. (…) Je ne veux pas me dire « parce que je fais de la pop, je dois me mettre en maillot de bain », c’est cool d’être soi-même et d’avoir des défauts. ». Cependant, pour l’ex graphiste, créer un univers visuel a toujours eu une place importante dans son processus artistique : « On n’a jamais eu de réunion pour décider ce que l’on allait faire. C’est juste arrivé. Mais je crois que pour moi, ça a toujours été très important de tout faire avec style. ».

image

Pas de première partie pour Anna of The North ce soir. La scène est déjà prête, et du deuxième rang j’aperçois un instrument un peu bizarre, sur la gauche, en forme de spirale qui pique ma curiosité. Les baffes passent des chansons de Banks, Dagny, Sigrid et autres artistes pop dans l’optique de nous faire patienter un peu. D’ailleurs, quand je fais remarquer à Anna qu’elle n’a jamais collaboré avec ce genre de chanteuses, elle confie : « Je pense qu’il y aura plus de collaborations sur le prochain album. » Histoire à suivre de très près, donc !

Ce n’est qu’à 21h30 que le groupe monte sur scène (ou plutôt se fraie un passage parmi la foule pour y accéder). Ils débutent avec Oslo, sortie courant 2017, qui ne figure pas dans l’album. Anna porte un ensemble oversized rouge. Ce qui me frappe immédiatement, c’est sa présence sur scène. Dès la première chanson, je reconnais à peine la jeune femme que j’ai rencontré en interview plus tôt dans la journée. Elle chante, danse, traverse la scène, communique et implique son public, qu’elle regarde droit dans les yeux. Elle semble sincèrement heureuse d’être là. Je note particulièrement Money, ma chanson préférée de l’album qui parle d’une relation amoureuse intéressée (« open your eyes my love, she’s not the one for you, just wants one thing from you, your money ») dont la version live ne m’a absolument pas déçue.

Lorsqu’elle interprète Lovers, la norvégienne descend même dans la foule pour s’y mêler. Elle nous demande de danser avec elle et de l’accompagner en chantant les paroles, ce que son public parisien prend grand plaisir à faire. Il faut avouer que le Pop Up du Label offre aux artistes une proximité avec leur public plutôt inédite.

Alors que le concert se termine avec Fire sur les coups de 22h15 , personne n’a réellement envie que ce soit la fin… Et encore moins Anna et Brady, qui se lancent dans une version acoustique absolument phénoménale de Baby. Avec comme seul accompagnement la guitare électrique du néo-zélandais, nous avons la possibilité d’entendre mieux la voix d’Anna, qui, comme en version studio, avait semblé plutôt secondaire tout au long du concert, un peu enfouie sous la musique. Le concert prend un tout autre tournant, Brady accompagne Anna au chant alors qu’elle nous demande de reprendre en cœur les « don’t fight it, baby hold tight » et on assiste à un renouveau de leur single, version reggae, totalement improvisé.

Je comprends alors pourquoi Anna avait insisté dans l’après-midi sur le fait qu’elle n’aimait pas mettre Anna of The North dans la case « pop ». En effet, et ils l’ont bien prouvé ce soir, Anna of The North n’est pas du tout juste un autre groupe pop comme les autres et si Anna n’est pas une princesse de la scène pop, elle était définitivement la reine de la scène du Pop Up en ce vendredi soir.

image
Kahi
Kahi
hachi.kahina@gmail.com