We Will Punk You! | Cage The Elephant à l’Alhambra (Paris – 18 octobre 2017)
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Cage The Elephant à l’Alhambra (Paris – 18 octobre 2017)

       

Cage The Elephant en première partie des Rolling Stones pour l’ouverture de la U Arena, l’info nous avait fait sourire tant la bande de Matt Shultz mérite amplement une telle reconnaissance, et ce depuis bien longtemps. L’association semble parfaite ; aurait-on pu trouver mieux que Cage The Elephant pour assurer avant The Rolling Stones ? Quand on connait l’influence de Mick Jager sur l’attitude, la gestuelle et le chant du charismatique frontman du groupe, nous pouvons clairement répondre que par la négative.

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          A l’occasion de son passage dans la capitale, le groupe en a donc profité pour annoncer 2 dates dans de petites salles parisiennes. Une première à l’Alhambra, le 18 octobre, et une seconde en formation acoustique au Trabendo, pour présenter au public parisien Unpeeled, leur dernier album live sorti le 28 Juillet dernier. Une mini tournée parisienne qui a suscité un engouement particulier chez la fanbase des cinq Américains.

          Dès notre arrivée aux abords de l’Alhambra, une excitation particulière se fait ressentir. A 19h, de nombreux fans se pressent déjà pour rentrer dans la petite salle d’une capacité de 800 personnes. Programmé sans première partie, le concert débute aux alentours de 20h45 nous rappelant de suite pourquoi Cage The Elephant est considéré, pour beaucoup, comme l’un des meilleurs groupes live de ces dernières années. Dès les premières notes de Cry Baby en ouverture du set, l’évidence se matérialise sous nos yeux, cette soirée sera mémorable. Un public connaisseur chauffé à blanc, et un Matt Shultz des grands soirs (particulièrement bien habillé), cocktail explosif et idéal pour savourer toute la grandeur du groupe en live.

          Les trois premiers morceaux, nous mettent tout de suite dans le bain, Cage The Elephant a prévu de nous en mettre plein la vue en sortant le grand jeu à un rythme effréné. Après l’excellent Cry Baby, l’intro explosive de In One Ear fini de convaincre les plus indécis et lance réellement les hostilités. La foule dance, saute et la chaleur se fait déjà étouffante sur SpiderHead. Le public de Cage connu pour sa ferveur si particulière entonne alors à l’unissons « Spiders in My Head, Spiders in my Mind ».

          Le rythme ralentit ensuite avec le magnifique Too Late To Say Goodbye, puis accélère de nouveau avec Cold Cold Cold et son refrain entrainant. C’est ensuite au tour du très dansant Trouble puis du toujours très efficace Ain’t no rest for the Wicked nous montrant encore une fois la capacité du public parisien à chanter en Anglais.

          Entre deux chansons Matt s’adresse au public pour exprimer sa joie à propos de cette petite escapade parisienne, mais nous laisse peu de temps pour nous remettre de nos émotions puisque le groupe enchaîne avec Mess Around, morceau taillé pour le live avec son riff accrocheur et ses « AAAAh, Oh No ».

          Le set continue avec un Punchin’bag extrêmement tranchant. Les « moves » si atypiques de Matt sont accompagné comme il se doit par l’énergie de Brad (son frère), ultra dynamique à la guitare rythmique. Ce dernier, toujours au plus proche du public l’incite à bouger, et transmet une rage contagieuse… et les premiers Crowd Surfing font leurs apparitions (l’un d’eux sera même accueillis par Matt sur scène). Après un It’s Just Forever assez brouillon, le groupe quitte la scène pour la première fois, les roadies installent alors un miroir au centre de la scène. Les premières notes de piano du magnifique Telescope tiré de Melophobia résonne. Matt Shultz, face au tableau commence alors à se dévêtir pour se retrouver torse nu avec pour seul vêtement un collant blanc. La folie s’installe totalement lorsque le frontman possédé par ses démons brandis un « cœur » dégoulinant de « sang » (ce n’est surement pas un vrai cœur ni du vrai sang, enfin on l’espère). Les derniers instants du morceau sont emplis de rage et Matt fait voler en éclats le miroir qui se brise sur scène. L’imprévisibilité de l’instant surprend, mais aller voir Cage The Elephant en live c’est aussi ça : on ne sait réellement pas ce que qui peut se passer avec la bande des frères Shultz. Après un petit moment « balayages » de la part de Roadies toujours alertes, le concert reprend avec Back Against the Wall issus de l’album éponyme de 2008 et se fini avec le très réussi cover Whole While World de Wrecklees Eric.

          Le moment gênant de la soirée intervient durant le rappel et le grand classique Cigarette Daydream, lorsqu’une femme partiellement dévêtue se hisse sur les épaules d’une personne placée juste devant la scène. L’intro est alors avortée, et s’en suit un petit moment de flottement d’environ 1 min 30 durant laquelle Brad et Matt interviennent pour régler la situation. (Nous n’en dirons pas plus par manque d’information sur la réelle nature de cette coupure). Mais il en faut plus pour déstabiliser les garçons originaires du Kentucky. Cigarette Daydream reprend de plus belle sous les acclamations du public et se termine par un dernier refrain entonné a capella par une foule en délire.

“You can drive all night, looking for the answer in the pouring rain, you wanna find peace of mind, Looking for the answer”.

        Assurément l’un des moments forts de la soirée, un moment chargé d’émotion qui reflète bien l’attachement du public pour le groupe. On arrive très rapidement vers la fin du set, le sublime Shake Me Down et l’incroyable Come A Little Closer mettent le feu à la fosse. Ce sera Teeth tiré de l’album Melophobia qui clôturera magistralement ce concert. Dans un dernier élan de rage, de violence et de folie, Matt s’approche de la foule se fait porter puis crowdsurfe un court instant. L’instant est à la fois magique et surréaliste, on assiste impuissant aux derniers instants d’une soirée unique que l’on aurait aimé éternelle. La chaleur se dégageant de la fosse est assez impressionnante, le public en sueur à l’air perdu, ont-ils réellement vécu ce show extraordinaire ? Ont-ils été les témoins de la tornade qui vient de ravager l’Alhambra ?

        Avec un set parfaitement structuré trouvant la bonne balance entre le rock garage explosif des premiers albums et le coté plus pop des derniers, Cage the Elephant a réussi, en à peine 1h30 de rage et de fureur intense, à nous mettre une énorme claque. Un concert qui nous a touché tant physiquement que psychologiquement, nous transportant à travers différents états et émotions, le tout en gardant cette identité et sincérité attachante qui leur colle à la peau. Un coup de maître qui ne laisse aucun doute (même si on n’en avait pas beaucoup) sur leurs capacités à assurer les premières parties d’un des plus grands groupes, si ce n’est le plus grand groupe Rock de l’histoire.

        Le constat de la soirée est simple : Cage The Elephant à littéralement retourné l’Alhambra.

Set List : Cry baby / In One Ear / Spiderhead / Too late / Cold / Trouble / Wicked / Mess Around / Punchin Bag / It’s Just Forever / Telescope / Back Against The Wall /  Whole While World / Cigarette daydream / Shake me down / Come a little closer / Teeth

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