We Will Punk You! | Neck Deep + As It Is + Real Friends + Blood Youth au Petit Bain et au Connexion Live
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Neck Deep + As It Is + Real Friends + Blood Youth au Petit Bain et au Connexion Live

          Si vous partagez notre avis sur le fait que The Peace and the Panic est l’un des albums phares de cette année 2017, il y a de grandes chances pour que vous soyez aussi d’accord avec nous pour dire que la tournée européenne de Neck Deep a été un franc succès. La France, parfois laissée de côté, a cette-fois ci été bien gâtée avec un premier arrêt au Petit Bain de Paris, le mercredi 18 octobre, suivi d’une date de fin de tournée mémorable au Connexion Live de Toulouse, le 3 novembre dernier. Vos chroniqueuses préférées de We Will Punk You! étaient présentes sur ces deux dates et vous en parlent aujourd’hui avec passion.

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Déjà, ce n’est pas un, ni deux, mais bien TROIS (3!!) groupes de folie que les gallois ont embarqués avec eux. Ferventes défenseuses des tournées à mille groupes (c’est toujours plus de fun), nous avons un peu pleuré de joie en voyant l’annonce des noms. Déjà revendiquées fans de Real Friends et d’As Is It, nous avons découvert Blood Youth sur scène ainsi qu’autour d’une rencontre sur le toit du Petit Bain avec Kaya Tarsus, le frontman du groupe. Plus bruyants que les trois autres, ils se sont cependant très bien intégrés à la tournée et l’enchainement des quatre actes s’est fait sans aucune gêne. Les groupes comme Blood Youth sont la raison pour laquelle nous aimons tant les premières parties : on y découvre des petites perles et ça nous fait toujours plaisir.

Sur cette tournée, Blood Youth ont interprété des chansons de leur premier album très prometteur Beyond Repair, ainsi que trois titres extraits de leurs deux premiers EPs tout aussi séduisants ; Closure et Inside My Head. Si les musiciens de Blood Youth sont vraiment très bons, nous tenons particulièrement à souligner l’habilité des paroles chantées par le groupe. Leurs chansons transpirent la justesse et l’honnêteté. Sur Failure, un vrai parallèle se crée entre l’angoisse et la haine qui s’en échappent et celles qui se délivrent en nous. Sur Closure, Kaya nous raconte son ras-le-bol général en s’exprimant avec colère ; « My heart is closed to everyone I see, this is what I call Insanity! ». Il nous explique d’ailleurs : « Tout ce que j’ai jamais écrit m’est arrivé dans la vie, c’est personnel mais je pense que c’est une très bonne chose de les laisser sortir. Tu vois quand quelqu’un te dit ‘quand tu es énervé tu devrais juste crier de toutes tes forces’ ? Je peux faire ça tous les soirs ! Je joue le set et après je m’effondre ; je m’évanouis même parfois. » Autant d’énergie, c’est la meilleure façon possible pour commencer la soirée en beauté. Le set se poursuit avec les deux autres premières parties.

[Setlist complète: 24/7, I Remember, Reason To Stay, Failure, Making Waves, Closure.]

 

Real Friends et As It Is se sont échangés les deuxième et troisième positions de passage lors des différentes dates. A Paris, ce sont les Américains de Real Friends qui ont ouvert le show en second ; et à Toulouse, c’était As It Is. Mais peu importe l’ordre de passage, l’ambiance reste la même. As It Is nous présentent un set énergique, joyeux, entrainé par un frontman qui ne tient pas en place, qui sautille sans cesse sur scène et qui rend l’ensemble du set particulièrement théâtral. Patty Walters, dont le coiffeur semble être en prison, est l’un des êtres humains les plus passionnés qu’il nous ait été donné de rencontrer. Accompagné du guitariste et deuxième voix occasionnelle Benjamin Langford-Biss (qui, lui, n’a jamais eu de coiffeur), du batteur Patrick Foley et d’Alistair Testo à la basse, ils forment à eux quatre As It Is, suite au départ d’Andy Westhead un peu plus tôt dans l’année. Les personnalités attachantes des membres et l’apport parfois plus « pop » qu’ils donnent à la scène, – notamment de par la voix extrêmement spéciale de Patty – fait qu’après la sortie de leur deuxième album, ils ont déjà une fanbase solide, jeune et dévouée dans de nombreux pays. La France n’y fait pas exception : aux premiers rangs, tout le monde connaît les paroles et chante avec le groupe. Un vent de communion puissant souffle sur le public tandis qu’ils interprètent leurs chansons les plus populaires.

Une petite date dans une salle incomplète comme celle de Toulouse n’aurait pas été si mémorable si elle n’avait pas été rythmée par les célèbres blagues qui accompagnent la fin d’une tournée. Avant même la fin d’Okay, première chanson interprétée, la scène se retrouve couverte de morceaux de pain et de carottes râpées. On n’est vraiment pas pro gaspillage, mais bon, c’était quand même un peu drôle… La vraie partie hilarante réside dans le numéro de batterie spectaculaire interprété par Foley… à l’aide de baguettes de pain. Bien joué ! Ce n’est pas vraiment le même son que l’on obtient avec, mais c’est rigolo. Il n’y a pas beaucoup de sérieux dans cette prestation mais nous, ça nous convient. On rigole, on participe aux circle pits absurdes autour de l’ingé-son et c’est une vraie bonne ambiance qui se crée dans la salle malgré le nombre peu élevé de personnes présentes à Toulouse – une atmosphère qui a mis un peu plus de temps à s’alléger à Paris. Le climat s’assombrit légèrement à l’approche du duo terrible Soap/No Way Out, à savoir les deux meilleures chansons d’As It Is ; titre certifié par We Will Punk You!. Ben et Patty se donnent la réplique sur Soap, chanson inspirée par la bataille mentale entre soi-même et une version plus idéalisée de soi-même. C’est beau, authentique, parfaitement interprété dans une mise en scène recherchée. Ce sont de vrais artistes qui évoluent sur un ton alternant entre drame et comédie.  Le monologue parlé qui accompagne No Way Out nous explose le cœur comme à chaque fois. Pendant tout le set toulousain, les quatre groupes se sont amusés à échanger leurs membres et à faire n’importe quoi. Quand vient le moment d’interpréter Dial Tones, la dernière chanson, plus rien n’a de sens sur scène : Ben a abandonné sa guitare, récupérée par Patty, il hurle dans le micro et frappe sur les cymbales. À la fin de la chanson, ils sont désormais une dizaine sur scène, un des membres de Real Friends s’est emparé de la basse, Dani et plusieurs autres membres du crew et des trois groupes viennent démonter la batterie et débrancher les fils alors même que le groupe continue de jouer… Bref, une bonne partie de rigolade pour tout le monde.

[Setlist complète: Okay, Patchwork Love, Concrete, No Way Out, Soap, Pretty Little Distance, Hey Rachel, Dial Tones.]

 

À peine le temps de nettoyer correctement la scène que Real Friends sont déjà installés. Leur set s’ouvre sur Mess, single extrait de leur dernier album The Home Inside My Head. « I’m still a lost boy ! » répète la foule avec entrain. Au bout de quelques minutes seulement de spectacle, nous décidons d’accorder au chanteur Dan Lambton le titre de personne la plus drôle de notre scène musicale, lui permettant au passage de détrôner une bonne dizaine de nos blagueurs préférés (Awsten Knight, Alex Adam, Costello et tous nos autres copains musiciens à l’humour lourd et incertain).

Brian Blake (batterie), Kyle Fasel (basse), Dan Lambton (chant), Dave Knox et Eric Haines (guitares) nous présentent une formation joyeuse tant à Paris qu’à Toulouse. Ayant dû reporter leur précédente tournée européenne suite à quelques soucis de santé mentale, ils sont apparus sur scène plus en forme que jamais ! Les blagues se sont enchainées dans la bonne humeur et là encore, c’est un public heureux et cohésif qui chante en cœur et s’essaye aux mosh pits. La beauté du set, ce sont toutes ces chansons tristes qui s’enchainent avec tant de légèreté. Si l’optimisme s’entend clairement sur certaines pistes, les thèmes généraux abordés par Real Friends gravitent pour la plupart autour d’un noyau sombre : manque, nostalgie, abandon, solitude, isolement, impression agaçante de ne pas être à sa place. On n’y prêterait presque pas attention si le groupe n’était pas si inclusif et bienveillant. Entre deux plaisanteries, le chanteur prône l’importance d’être attentif et doux, de respecter cette ‘safe place’ qu’est notre scène musicale et de promouvoir l’amour de soi et des autres. Pour la dernière date du tour, alors qu’ils entament la dernière piste de la soirée avant l’entrée en scène de Neck Deep, des centaines d’avions en papier jaillissent de part et d’autre du balcon et des côtés de la scène. Pas de raison pour qu’As It Is et Blood Youth soient les seuls à subir ce traitement et à se faire saboter leur set ! La scène est très rapidement couverte de plusieurs avions, de serviettes de bain, de feuilles de papier toilette et – après tout, on est France, c’est rigolo…- de baguettes de pain. C’est sous les éclats de rire que Real Friends terminent par Late Nights In My Car. Dave se lance dans la foule avec sa guitare, Dan rigole tellement qu’il avale un mot sur deux et parvient tout juste à formuler « If you never break, you’ll never know how to put yourself back together ». C’est la pagaille complète mais tout le monde a l’air tellement heureux et ça fait chaud au cœur. Ce n’est pas évident de se rendre compte qu’une belle complicité s’est développée entre les quatre groupes au cours de la tournée, et qu’ils sont tristes de devoir se quitter.

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[Setlist complète: Mess, Colder Quicker, Loose Ends, I’ve Given Up On You, Summer, Maybe This Place Is The Same, I Don’t Love You Anymore, Late Nights In My Car.]

 

La folie continue très vite avec les stars de la soirée : Neck Deep. Venus nous présenter sur scène leur dernier album The Peace and the Panic, Ben Barlow, Sam Bowden, Fil Thorpes, Matt Wills et Dani Washington ont réussi à concocter une setlist capable de satisfaire à la fois les fans de la première heure et les nouveaux arrivés. S’ouvrant sur le rythme dansant d’Happy Judgement Day, Le show parisien a été rythmé du début à la fin par des mosh pits sans répits et du crowdsurf en continu. À Toulouse, c’était très légèrement plus calme mais tout de même bien sportif ! Ben Barlow s’avance vers son micro et chante : « Oh what a time to be alive ! ». Si cette première phrase s’applique bien à notre état d’esprit du moment, le reste de la chanson résonne comme une longue plainte contre la société actuelle et contre ce que l’Homme a fait de notre monde. Neck Deep fait partie de ces groupes qui touchent aux sujets importants et n’hésitent pas à utiliser leur voix pour passer les messages qu’il faut, ce qui participe bien grandement à l’amplification de notre amour pour eux.

Deux classiques de Neck Deep s’ensuivent. Lime St. et Gold Steps sont deux chansons qui mettent tout le monde d’accord ; toutes les deux tirées de l’album Life’s Not Out To Get You sorti deux ans plus tôt. On y retrouve certaines des paroles les plus cultes du groupe qui reviennent souvent dans les fanarts et autres tatouages ; « I’ve been moving mountains that I once had to climb » ou encore « I swear to God you save me ». La bonne ambiance règne dans le pit, tout le monde se pousse dans une entraide parfaite, parfumant la pièce d’un soupçon de sûreté encore parfois trop ignoré dans certaines foules de notre scène. Les mouvements ralentissent à peine lorsque viennent les titres les plus doux, qui sont aussi les plus récents singles : Parachute, In Bloom, quelles merveilles pour les oreilles.

Le vrai changement de plateau s’opère lorsque Ben et Fil interprètent ensemble Wish You Were Here, chanson écrite en hommage à leurs pères décédés au cours de l’année précédente. L’émotion est forte au Petit Bain, le discours du chanteur est déchirant et les mains se nouent entre elles dans le public – que l’on est déjà eu à faire le deuil d’une personne aimée ou non, la tristesse se ressent ; « Now I’ll always remember it as the song that your life ended with ». S’ensuit ensuite Part Of Me, chanson emblématique du groupe qui rend particulièrement bien en live, lorsque le public reprend en cœur les dernières paroles du refrain. Ces deux chansons représentent une coupure qui prépare particulièrement bien au grand final. Cependant, nous en regrettons l’absence à Toulouse, le set ayant du être écourté.

Vient l’heure de Can’t Keep Up the Roots et de leur dernière chanson désormais légendaire Where Do We Go When We Go. Le batteur de Blood Youth nous avouera plus tard dans la soirée que le côté un peu diva du guitariste Sam Bowden les a freiné dans leur envie de réduire la scène en miettes à la fin de leur set. Sam adore faire des blagues mais quand ça le concerne, ça ne le fait plus trop rire, paraît-il. Quoi qu’il en soit, ils se sont également pris un peu de pain sur la figure.  Et pour terminer la tournée en beauté, quoi de mieux qu’une petite invasion de scène improvisée ? « Pain, pain, go away! Come back another day! » ; L’atmosphère enfantine reprend le dessus et nous perdons un peu le sens de ce qu’il se passe dans la salle. Tout le monde danse, rigole, s’amuse ; aucune douleur à l’horizon, hormis celle qui surviendra plus tard au moment de réaliser que le concert est déjà fini !

[Setlist complète: Happy Judgement Day,  Lime St., Gold Steps, Motion Sickness, What Did You Expect?, Parachute, Kali Ma, Rock Bottom, Citizens of Earth, Don’t Wait, In Bloom, December, Wish You Were Here, A Part of Me, Can’t Keep Up the Roots, Where Do We Go When We Go.]

Auxane Beau
Auxane Beau
auxane@wewillpunkyou.com

J'aime beaucoup trop d'artistes pour pouvoir en faire une liste ici mais retenez déjà Casey et Boston Manor, ça ira pour commencer !