We Will Punk You! | Gus Dapperton à l’Olympic Café
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Gus Dapperton à l’Olympic Café

À l’occasion de la sortie de son EP intitulé Yellow and Such, Gus Dapperton nous a donné rendez-vous pour un concert à guichet fermé à l’Olympic Café le 9 février dernier afin de passer le vendredi soir en sa compagnie.

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C’est donc dans le sous-sol un peu miteux d’un bar du 18ème arrondissement que le public de l’américain Gus Dapperton s’est réuni en masse. La salle est pleine à craquer, de l’eau fuit du plafond et il fait une chaleur à en crever. Alors que je descends les marches menant à la salle, les deux DJs de Bon Esprit, Etienne et Thomas, jouent un set très… éclectique. En passant du rap au raï, ils chauffent la salle dont la température maximale supportée par le corps humain avait déjà probablement été atteinte depuis longtemps. Du fond de la salle, je peux à peine entrevoir ce qui se passe sur scène, celle-ci étant à la même hauteur que la fosse où se pressent les fans. Je m’aperçois alors que le public est aussi varié que le set des DJs. Ce n’est en effet pas le type de public que je m’attendais à retrouver à un concert d’indie pop/soft rock. Ils ont entre 14 et 50 ans, et semblent tous être plus excités les uns que les autres. Le DJ set touche à sa fin. Afin de sortir le matériel que les DJs utilisaient sur scène, les employés de la salle séparent le public en deux formant un couloir, ce qui créa une cohue et une incompréhension générale et fit monter l’excitation d’autant plus.

C’est sur les coups de 22h que Gus Dapperton arrive enfin sur scène, guitare à la main, sous les acclamations d’un public déchaîné. Comme les Declan McKenna et les Mac Demarco, à seulement 20 ans, Gus Dapperton fait partie de cette génération d’artistes qui cherchent à flouter les barrières du genre. Comme à son habitude, ses ongles sont vernis et son style un peu androgyne. En nous rappelant que son tout dernier EP de quatre titres nommé You Think You’re a Comic! est sorti aujourd’hui, il enchaîne anciennes chansons de ses EPs précédents et nouveaux titres exclusifs. Le public, bien que serré, est très réceptif et n’hésite pas à danser, chanter, applaudir. J’ai rarement vu un public si éclectique être si enthousiaste. Rapidement, la taille de la salle et l’énergie du public ayant transformé l’Olympic Café en véritable sauna, créent une symbiose entre l’artiste et ses fans.

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En présentant son groupe, il explique que c’est sa soeur Megan (17 ans seulement et elle-même chanteuse sous le pseudonyme d’Amardelle) qui l’accompagne au clavier et au chant sur cette tournée. Gus est également très proche des autres membres du groupe (Ian à la guitare et Tommy à la batterie), qu’il connaît depuis l’adolescence. Il raconte que lorsqu’il a filmé son clip pour Prune You Talk Funny, Ian (qui est par ailleurs maître nageur) et Tommy ont dû l’aider à ramasser les fleurs qu’il avait parsemées dans la piscine de son lycée, sans l’autorisation du principal ! Ce qui lui a d’ailleurs valu quelques problèmes…

Chose à laquelle je ne m’attendais pas : Gus interagit avec son public à de nombreuses reprises, cassant alors l’image de super-star de l’indie super-cool et super-inaccessible que j’avais pu avoir de lui en l’épiant sur Instagram. Alors qu’il annonce qu’il va interpréter une cover, un fan lui demande s’il s’agit d’une chanson de Britney Spears, question à laquelle il répondit « I wish! » en rigolant. Il se lance alors dans une version indie pop de Let Me Love You de Mario, permettant aux spectateurs venus au concert dans le but de le découvrir d’avoir quelque chose auquel se raccrocher. Tout long de son set, le chanteur fait preuve d’une spontanéité et d’une accessibilité qui le rend un peu « guy next door », ce voisin sympathique à qui on irait bien emprunter un œuf.

Moment phare du concert : leur reprise de Twist and Shout où tout le public, fans et curieux, se joignit pour un ultime moment de cohésion. Si j’avais déjà l’impression d’être dans un four avant cet instant, c’est à ce point culminant que le thermomètre a explosé… menant Gus et ses musiciens à finir le concert torses nus !

Alors que le concert se termine, laissant le public électrique, ce dernier en veut encore… Chose que Gus Dapperton n’avait probablement pas prévue, étant donné qu’il avoue n’avoir pas préparé de chansons supplémentaires ! Son groupe improvise alors une dernière reprise, aux grandes joies des fans.

Pour un premier concert à Paris et une première tournée européenne, Gus Dapperton a tout d’un grand et je sais que ce n’est certainement pas la dernière fois que je vois son nom en tête d’affiche. Il sera d’ailleurs au festival We Love Green cet été, pour ceux qui l’auraient loupé à l’Olympic Café.

Kahi
Kahi
hachi.kahina@gmail.com