We Will Punk You! | Dodie au Trabendo
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Dodie au Trabendo

Kahina a assisté au concert de dodie le 11 février dernier au Trabendo. Retour sur un moment fort en émotion. 

Quand j’arrive au Trabendo à 18h en ce lundi soir, je ne m’attendais pas à ce que la queue soit déjà aussi longue. S’alignant le long de la longue pente qui mène à la salle de concert, les fans de Dodie Clark, qui s’est faite connaitre sous le pseudonyme doddleoddle sur YouTube, attendaient impatiemment l’ouverture des portes. Des jeunes filles m’accueillent dès le bas de la pente en me tendant des ballons multicolors qu’il faudra gonfler et lever pendant la chanson She. C’est peu de dire que les fans sont au rendez-vous. 

Et c’est mon cas aussi : dire que j’attends beaucoup de ce concert serait un euphémisme. Ce n’est pourtant pas la première fois que j’assiste à un concert de la jeune anglaise mais c’est la première fois que j’en attends réellement quelque chose. Son EP Human, sorti courant Janvier, a révélé une versatilité et une version plus accomplie de tout ce que dodie a pu sortir auparavant. 

À l’ouverture des portes, la foule se précipite vers les premiers rangs tandis qu’Orla Gartland, guitariste de renom qui fait également partie du groupe de dodie, chauffe la salle. Les lumières se rallument et une playlist tout droit sortie de l’iPhone de dodie est lancée, entremêlant les singles de ses copines Lauren Aquilina et Tessa Violet et autres bijoux de la pop indé de ces deux dernières années. 

21h, God is a Woman d’Ariana Grande résonne dans la salle et les lumières s’éteignent sous les cris d’un public plus qu’enthousiaste. Le groupe, constitué d’Orla Gartland à la guitare, Will Harvey au violon, Pete Daynes à la basse, Ross Craib à la batterie et Sophie English au violoncelle s’élance sur la scène, suivi de près par la chanteuse. Même dans le noir, on reconnait son petit chignon pour lequel elle a récemment posté un tutoriel sur sa chaine YouTube. Elle se place bien au milieu de la scène, attrape son ukulélé et les lumières s’allument sur elle alors qu’elle commence Arms Unfolding, le titre introduisant également l’EP. Sans transition, dodie enchaîne sur Monster, le titre le plus pop de son dernier opus. C’était probablement la chanson que j’attendais le plus. En effet, on avait pu découvrir une nouvelle facette de dodie dans un récent live de cette chanson pour VEVO dscvr : la dodie pop star. Chorégraphie, attitude et bop : c’est un sans faute ! Le public clappe des mains en rythme, le cadre est installé, l’ambiance est à son comble : les festivités peuvent désormais commencer.

Ce qu’un concert de dodie promet, ce sont des émotions crues et dures, comme on les aime. Sans jolies fioritures qui les accompagnent. Son public le sait et il est venu préparé : dans le Trabendo ce soir, nous n’avons pas peur des larmes ou des rires. On les accepte, les embrasse et les accueille à bras ouverts. Le concert se poursuit justement sur Human, single de l’EP du même nom, une ode à l’humanité dans toute sa splendeur, où la jeune anglaise chante « Oh je suis tellement humaine, nous sommes juste des humains. ». 

Pour introduire If I’m Being Honest, dodie explique : « J’ai de nombreuses chansons qui parlent de ne pas se sentir à la hauteur, et c’est assez ironique de les jouer en face d’un public qui est en train de te crier des choses gentilles… Mais cette chanson parle d’avoir l’impression d’être un désastre ambulant alors que tu as un crush sur quelqu’un. ». S’en suit 6/10, qui est probablement l’une des chansons les plus tristes de sa discographie. Elle explique, les larmes aux yeux, qu’elle ne se sentait pas très bien aujourd’hui, et qu’elle avait l’impression d’être la pire personne au monde. J’ai rarement vu une artiste être aussi honnête avec son public et c’est probablement ce qui fait sa force : elle ne s’excuse pas d’être comme elle est et normalise les troubles psychologiques dont elle souffre. Il ne s’agit plus d’en faire des tabous : avec dodie c’est ok de s’exprimer sur le sujet et de partager ses hauts et ses bas.

Dodie oscille entre piano, guitare, ukulélé et laisse une large place à ses musicien.ne.s avec qui elle semble partager un lien spécial. Solo de batterie, de violon, de violoncelle : on ne sait plus si c’est un concert de pop ou un orchestre. 

Le point culminant du concert : le drap blanc tendu derrière le groupe devient arc-en-ciel et dodie enchaine Rainbow et She, deux hymnes à la communauté LGBTQI+ dont elle fait partie. Dès les premières notes de She, le projet des fans se met en place, créant un océan de ballons de toutes les couleurs.
C’est à ce moment-là que je me rends compte de la réelle importance de dodie : c’est un symbole pour ses fans. Que ce soit au niveau de la santé mentale ou de sa bisexualité, dodie accepte ses fans comme ils.elles sont et crée une safe place au sein de ses concerts. On peut sentir comme une sorte de magie dans l’air, une voix inaudible qui nous souffle à l’oreille « Je suis là pour toi, je t’accepte. ».

Dodie décide de partager une nouvelle chanson intitulée Guiltless : « Vous êtes le deuxième public à l’entendre : elle sonne un peu sombre mais c’est un bop en réalité ! ». Les guirlandes suspendues au plafond s’allument et clignotent en rythme. 

Au moment du rappel, dodie se rassoit au piano et explique que la chanson qu’elle va interpréter, When, a failli de pas faire partie de la setlist : « J’essaie de limiter le nombre de chansons tristes, donc j’avais fait un sondage sur Twitter entre celle-ci et 6/10 et When a perdu mais ça me faisait trop bizarre de ne pas la jouer… ». Le concert se termine sur trois de ses chansons les plus entraînantes : Absolutely Smitten dont on note le nouvel arrangement ainsi que Would You Be So Kind et In The Middle qui donnent l’occasion à la dodie pop star de s’exprimer à nouveau. Sans chaussures, elle danse sur la scène, demande à la foule de se baisser pour sauter sur le beat drop, s’empare des baguettes et joue de la batterie comme une rock star. Elle oublie les paroles au début d’In The Middle mais, comme si c’était fait exprès pour le Human Tour, cela la rend encore plus humaine. 

Le groupe salue sur Call Me Maybe de Carly Rae Jepsen : leur but est accompli. Ils ont transformé un simple concert en un pop show rempli d’émotions montrant une nouvelle facette de dodie : celle d’une véritable pop star qui brille sur la scène. 

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Kahi
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