We Will Punk You! | Set It Off au Backstage by the Mill
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Cody Carson

Set It Off au Backstage by the Mill

On l’attendait, et il est enfin là ! Trois longues années se sont écoulées avant que l’on apprenne le retour de Set It Off sur notre scène française. Ils étaient de passage à Paris au Backstage By The Mill pour leur Midnight World Tour, tournée qui d’ailleurs s’avère totalement sold out ; une belle preuve que les américains nous avaient manqué. On y était pour notre plus grand plaisir, et on vous raconte l’expérience unique qu’est Set It Off en live.

Dougie Cousins, chanteur de Bearings, première partie de Set It Off au Backstage by the Mill
Dougie Cousins, chanteur du groupe canadien Bearings

Les 4 musiciens ne sont pas venus seuls lors de cette tournée Européenne. On a eu l’honneur de découvrir les canadiens de Bearings pour leur toute première date française. A son habitude, la foule française se montre difficile à conquérir et à divertir malgré l’énergie que le groupe présente. Alternant rythmes dynamiques que procure leur sonorité pop punk avec un son folk, Bearings nous propose un set riche en chansons qu’on pourrait chanter à tue-tête et en balades donnant envie de (re)tomber amoureux. Il est également impossible de passer à côté des petits pas de danse du chanteur, Dougie Cousins. C’est un set énergique et passionné que nous a offert Bearings, et c’est avec plaisir qu’on rentrera chez nous pour lancer en boucle leur album Blue In The Dark qui a formé une bonne partie de cette setlist.

Janine Shilstone, chanteuse du groupe écossais Vukovi

Après un premier set réussi pour Bearings, la foule se prépare pour le prochain groupe : Vukovi. L’attente se fait ressentir dans la salle par le retard du groupe. Celui-ci se justifiant alors par l’extinction de voix de la chanteuse, Janine Shilstone. Le set est, de ce fait,  raccourci à 4 chansons, décevant les fans présents dans la salle (et notamment ceux qui expliquent leur présence uniquement pour ce groupe). Mais à son habitude, Janine ne laisse pas un détail gâcher un show et rattrape la situation en se plaçant dans la foule pour la durée du set, avec pour scène une simple boîte, la surélevant de quelques centimètres.

Si cette première annonce aurait pu justifier d’un set moyen, la performance vocale que la chanteuse nous propose se transforme en connexion avec le public, chose qu’on a moins l’habitude de voir. Si les regards sont de ce fait moins rivés sur le batteur, Martin Johnston et le guitariste, Hamish Reilly, leur énergie n’en démord pas et les deux musiciens restent tout aussi impressionnants à observer qu’à écouter. On ne peut que saluer l’ardeur de la chanteuse à se présenter sur scène malgré les circonstances et applaudir ce set unique et intime.

L’attente démarre alors pour le headliner de la soirée : Set It Off. Si trois ans nous ont paru longs, le « 2 minutes until Midnight » qui retentit à la sono nous paraît une éternité. Les dix dernières secondes scandées par la foule sont alors insoutenables mais magiques.

Le groupe ouvre le show sous le ton de la danse et de la bonne humeur avec leur single Lonely Dance, à la fois hymne des fans et chanson représentative de l’ère de leur dernier album, Midnight : santé mentale, positivité et étapes de la vie étant les sujets centraux traités dans celui-ci.

Cody Carson, chanteur de Set It Off se tenant sur les mains des spectateurs

Les chansons suivantes s’enchaînent, et l’euphorie de l’assemblée ne fait que grimper. Le concert est mené par le chanteur, Cody Carson, qui se prouve vrai showman et leader de foule. Certains en ont peut-être marre d’agiter les bras de gauche à droite, mais au vu de la passion que véhicule Cody, on ne peut que le suivre. A l’inverse, il n’hésite pas à non plus à se laisser porter par le public. Littéralement. A sa belle habitude, le frontman attire la foule vers lui pendant Killer In The Mirror pour ensuite placer un pied, puis l’autre sur les mains des fans afin de se tenir debout (-ish, le Backstage étant malheureusement trop bas) au centre de la salle. Encore faut-il repartir de cette position incroyable. Mais la solution est toute trouvée : le crowdsurf. Cody se laisse alors tomber en tout confiance sur les mains de ses fans et se laisse mener jusqu’à la scène.

Cody Carson et Dan Clermont de Set It Off
Dan Clermont et Cody Carson

On pourrait penser qu’après ça, le risque serait de retomber dans un set typique. Mais retenez bien le fait que c’est un concert de Set It Off dont on parle ici. Il est alors temps de passer au moment le plus intimiste et émotionnel du set avec Unopened Windows, une chanson écrite par Cody autour de la mort de son père. Celui ci explique l’importance des cuivres dans la composition de la musique, inspirée de la chanson Danny Boy. L’artiste invite chaque personne dans la salle à vivre ce moment de la manière la plus sincère possible, d’extérioriser les choses qu’elles n’osent pas dire à leur entourage et à être émotionnelles avec lui. C’est une foule touchée et émotive qui chante le cœur serré.

Une toute autre émotion se propage avec la chanson qui suit. Le message que véhicule principalement Set It Off, c’est de vaincre les situations difficiles par un sens de positivité et Upside Down en est la parfaite illustration, remplissant alors le cœur des fans de positivité et de joie. Des larmes de joie ont été versées, ça c’est sûr. Au-delà de ce penchant émotionnel, Cody Carson et Dan Clermont, guitariste, claviériste et trompettiste, nous offrent un duo de cuivres (saxophone et trompette) pour le plaisir des oreilles La formation jazz des deux membres se fait ressentir et apporte une touche rafraîchissante et unique face aux concerts de la scène pop punk alternative d’aujourd’hui, tout aussi bien soient-ils. Et si Dan se fait remarquer par ses nombreuses interactions avec la foule, cette performance permet de mettre d’autant plus en avant son talent de musicien polyvalent.

Maxx Dazinger durant son solo de batterie

On n’en oublie pas moins les autres membres, et encore moins Maxx Danziger, le batteur qui propose, cinq minutes plus tard, une pratique perdue dans les petits concerts : un solo de batterie. Des titres mainstream pop tels que Toxic ou 7 Rings, en passant par l’inattendu (mais attendu des fans), Baby Shark, Maxx nous livre une performance dynamique époustouflante, balançant entre les différents styles de percussions. Il est devenu si peu courant d’obtenir ce genre de performance – mis à part chez les grands groupes – que la foule n’hésite pas à exprimer son engouement par des cris de plus en plus conséquents.

Et puis, le groupe entier revient sur scène pour présenter leur dernier single, Dancing With The Devil suivit par le très iconique The Haunting. En effet, leurs anciennes chansons restent toujours aussi appréciées du public, rendant la création de la setlist compliquée. C’est également pour cette raison qu’ils apportent une autre pratique, elle-aussi délaissée, à leur set : le medley. Composé de 9 chansons, ce mash-up permet de traverser les différentes ères de Set It Off, tout en justesse et linéarité, entraînant l’assemblée dans une certaine nostalgie et fierté de leur musique actuelle. D’autant plus que celui-ci démarre avec Dreamcatcher,  une chanson datant du premier album, hymne des fans sous les signes de l’espoir et du rêve. On reconnaît cependant que les chants se font moindre en comparaison à certaines autres chansons de cette setlist, couvrant chaque album du groupe avec fierté.

Le reste s’enchaîne naturellement avec le nouveau titre No Disrespect, pour ensuite revenir aux anciennes chansons telles que Bleak December, Admit It ou encore Swan Song. Une bonne dose de nostalgie est ingurgitée mais on continue sur cette lancée avec l’hymne du groupe, Why Worry (encore un hymne, c’est vrai, mais celui-ci est certainement le plus représentatif du groupe). Alors que les fans les plus passionnés agiteront leurs mains comme il l’est fait dans le clip, cela n’empêche pas les moins amateurs de crier le fameux « Why » en cœur avec le reste des présents. Le guitariste Zach Dewall n’hésite pas à participer à ce phénomène par de nombreuses interactions avec les fans, rendant le message positif que véhicule cette chanson d’autant plus sincère et personnel.

Cody Carson et Zach Dewall pendant Dancing With the Devil

Le set se « termine » ensuite avec Midnight Thoughts, un des titres du dernier album qui prend un aspect plus libérateur dans sa version live par l’expérience collective des fans chantant ensemble.

Set It Off a beau dépasser certains codes de la musique pop et emo, ils se prêtent comme un bon nombre d’artistes au fameux Rappel, qui était bien évidemment prévu. L’occasion parfaite de jouer deux de leurs sons les plus heavy.

Partners In Crime est l’opportunité pour les 3-4 passionnés de mosh pit repérés lors de Why Worry, d’ouvrir un réel pit sous la demande du frontman. Chose demandée, chose faite malgré un public plutôt réticent à cette pratique. L’attente du drop est insoutenable pour ce pit ouvert, qui engendre une folie, modérée et respectueuse des autres présents, chez les actifs de ce pogo.

Cody Carson, chanteur de Set It Off

Quelques secondes de calme ponctuent les deux chansons. Mais l’incontournable et très attendue Wolf In Sheep’s Clothing démarre, amenant la foule à crier les paroles, laissant ainsi sortir tous les ressentiments négatifs qui se transforment en énergie positive dans cette expérience live. Il faut attendre peu de temps pour que les mouvements de foules reprennent leur cours. La chanson s’achève, clôturant le concert sous une salve d’applaudissements, amenant le groupe à se tenir main dans la main et à saluer le public. Encore un acte respectueux et sincère des 4 artistes, prouvant qu’un concert de Set It Off n’est pas un simple show, mais un réel événement constitué d’un public, ainsi que d’une réflexion autour d’une performance et expérience unique à travers les pratiques oubliées qu’on retrouve peu chez d’autres artistes.


En attendant de découvrir notre interview avec les membres du groupe, jetez un coup d’œil aux photos du concert ci-dessous et dans notre galerie !

Diane Houziaux
Diane Houziaux
diane.houziaux@hotmail.fr