Yungblud + Saint Phnx au Trabendo
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Yungblud + Saint Phnx au Trabendo

Durant deux soirées enflammées, Le Trabendo a laissé place à l’énergie débordante de Yungblud, accompagné de Saint Phnx. On y était le dimanche 18 novembre, et on vous raconte tout !

Saint Phnx

La soirée démarre avec une salle déjà extrêmement remplie ! C’est le groupe de pop rock Saint Phnx qui ouvre sous les applaudissements du public.

Dès les premières notes, la foule montre un grand enthousiasme pour passer une soirée dont ils veulent se souvenir. Et autant dire que Saint Phnx se prête bien au rôle de première partie pour chauffer le public. Par exemple, leur titre Shake est l’occasion parfaite de motiver les troupes et faire sauter l’ensemble de la salle sur ses deux pieds. Mission accomplie pour le duo écossais qui se montrent tout deux comme véritables leaders de foule.

Le groupe semble avoir fait l’unanimité de la fosse en terme d’ambiance dansante et positive. Et si on reconnait la performance comme adéquate pour le public présent au vu de leur enthousiasme, quelque chose nous manquera. Il est vrai que le style pop-ish de la formation nous détache un peu de la performance et qu’on aurait espéré davantage d’originalité musicale venant de ceux qui ouvrent pour l’artiste hors du commun qu’est Yungblud. Leur performance repose surtout sur la connexion qu’ils peuvent former avec le public où leur apprendre à chanter « yoo-hoo » et « yea-eah » est attrayant pour certains, mais nous lasse un peu, d’autant plus que ce moment traîne pendant de longues secondes (ou minutes ?). En tout cas, si le groupe ne nous a pas conquis par notre détachement à leur style musical, la plupart de la foule semble avoir grandement apprécié leur moment sur scène. Et qui sait, peut-être que ce même public se présentera lors de leur prochaine headline dans notre capitale au 1999 le 10 février 2020.

YUNGBLUD, Trabendo, Paris – 17 novembre 2019 / © Rachel Guibert

YUNGBLUD

Après de longues minutes d’attente, les lumières s’éteignent et laissent place à une intro de plus de 5 minutes. Autant dire que l’attente est de plus en plus pesante et interminable dû à l’excitation unanime de voir Yungblud aka Dominic Harrison se produire sur scène. Son entrée sur scène engendre une horde de cris enthousiastes peu commune. Le show ouvre ensuite sur la fameuse 21st Century Liability, chanson éponyme du premier album de l’artiste, avant d’enchaîner avec la plus récente, Parents. Les chants sont omniprésents et la foule prouve d’une énergie incroyable en enchaînant sauts, danses et cris. Mais à l’écoute de I Love You, Will You Marry Me, cette énergie est décuplée. Les sauts suivent le rythme accéléré des couplets alors que les chants se transforment en cris lors du refrain.

L’ambiance ne risque pas de se relâcher avec la chanson qui suit, même si elle nous remonte quelques années en arrière : King Charles. Yungblud introduit la chanson sous le climat politique mondial actuel. C’est là qu’on reconnait que la performance n’est pas simplement musicale, mais l’artiste se place aussi comme voix de la jeunesse actuelle où le politique est dans la vie de tous et que s’éduquer sur la question est indispensable. C’est le message principal qu’on tirera de Yungblud en tant que porte-parole. Punk et politique ont toujours été attachés, et la musicalité de cette chanson permet de bien mettre en avant le message que l’artiste souhaite transmettre. C’est aussi en terme de conformité dans la société et d’acceptation de soi qu’il porte principalement ses paroles, et c’est ce qu’il démontrera ensuite avec Anarchist, que les fans chanteront avec passion et identification. Cette énergie identificatrice et engagée continue sur la plus douce mais toute aussi puissante, Polygraph Eyes. Ce titre se place comme une des chansons phares de l’artiste, remettant en question la culture du viol et l’importance du consentement. Cette réalité se fait ressentir par le calme et l’émotion qu’a posé la performance de la chanson où des larmes se retrouvent dans les yeux de certains fans. C’est une ambiance chaleureuse qui se place sur un titre plus froid, où l’espoir et l’identification se fait ressentir, notamment dans les cœurs de chaque femme de la salle.

YUNGBLUD, Trabendo, Paris – 17 novembre 2019 / © Rachel Guibert

Le Trabendo retombe dans une énergie plus folle avec Original Me, le nouveau titre en featuring avec Dan Reynolds (Imagine Dragons) que Yungblud se charge aujourd’hui de performer seul. Mais la réelle euphorie se créera sur le prochain titre, Loner, qui est un réel hymne pour tous les fans de l’artiste anglais (au cas où vous n’auriez pas capté son accent le jour J). C’est une réelle chorale qui se forme sur le refrain. Mais en parlant de chant… attendez la chanson qui va suivre. L’artiste disparaît quelques instants et laisse place à une transition audio qui invite le public à laisser un espace au milieu de la fosse. Le message ne semble pas avoir été bien entendu au départ par la foule, mais celle-ci finit par ouvrir un pit, doucement mais sûrement, grâce à l’appel d’une fan. C’est alors que des personnes masquées de cagoules s’insèrent dans l’espace libre, accompagnées d’agents de sécurité. La surprise était attendue, mais l’un d’entre eux retire sa cagoule et dévoile son identité : Yungblud. Le pit se resserre en l’espace de quelques secondes autour de lui. On remercie donc la sécurité d’être présente pour ne pas étouffer l’artiste en plein milieu, qui est présent pour performer la fameuse Kill Somebody. Une fois l’auditoire un peu plus stable, on peut désormais apprécier la performance vocale du chanteur et le fait d’être dans une foule qui prend un plaisir fou à chanter les paroles. Mais une fois arrivé, il faut repartir… Bon courage Dominic.

Son retour sur scène déclenche les premières notes de Tongue Tied, le titre le plus récent – datant de 3 jours plus précisément. On observe certains fans qui connaissent déjà les paroles par cœur, mais le reste de la foule se contentera de danser, d’admirer la performance et de suivre du regard l’artiste qui continue de passer d’un côté à l’autre de la scène avec une énergie incomparable. C’est un titre un peu plus détendu, populaire et générique contrairement aux sonorités punk et Rock’N’Roll de certains titres précédents. Cette énergie stagne avec le prochain titre qui se pose sur le même ton, I Think I’m Okay. L’énergie descend encore ensuite, mais dans le meilleur des sens avec la performance acoustique de Casual Sabotage, une des grandes favorites du dernier EP de l’artiste, suivie de celle de Waiting On The Weekend. L’aspect acoustique et les lumières simples ajoutent un sentiment d’inimité entre le chanteur et son public, ce qui adoucit les cœurs de tous et rapprochent même les membres de la foule entre eux. Mais California prend place et engendre à nouveau l’euphorie chez le public qui se laisse aller à pogoter dans un espace restreint, tout en hurlant les paroles de cette chanson représentative du talent de Yungblud et de son identité en tant qu’artiste et porte-parole.

YUNGBLUD, Trabendo, Paris – 17 novembre 2019 / © Rachel Guibert

Le set semble prendre fin sur cette chanson, mais on sait pertinemment sur le show ne peut se terminer sans avoir entendu le nouveau titre, Braindead!, très attendu des fans en live ! Chose voulue, chose due. Le chanteur revient avec ce titre où les pogos augmentent et la sonorité punk crée une réelle folie chez les jeunes de la foule. Les choses s’adoucissent à nouveau le temps du nouvel hymne : Hope For The Underrated Youth. Comme pour Loner, les chants sont décuplés et la foule ne fait qu’une en terme de chant. C’est un réel message d’espoir qui est envoyé et prouve de l’ampleur que prend Yungblud en tant que représentant de la jeunesse actuelle et souhaitant leur faire comprendre la force et le pouvoir qui résident en chacun d’entre eux. Ce qui clouera parfaitement cette soirée de folie portée par une performance époustouflante de l’artiste, c’est le titre Machine Gun (F**k the NRA). Les gentils pogos sont relancés à plusieurs reprises et le pit le plus gros de la soirée s’ouvre. Dominic Harrison y voit l’occasion de s’inclure à la foule, engendrant une fermeture immédiate. Est-ce que cette pratique est contrôlée ? On en doute, surtout pour la sécurité du chanteur. Mais visiblement, tout finit bien de son côté et clôture la soirée en se rapprochant le plus possible de son public et engendre le plus gros chaos du concert.

YUNGBLUD, Trabendo, Paris – 17 novembre 2019 / © Rachel Guibert

C’est une soirée qui s’est marquée sur l’unisson et l’euphorie, prouvant du potentiel de Yungblud à devenir une figure emblématique de la jeunesse actuelle face aux problématiques sociétales et politiques actuelles sous des hymnes musicaux originaux. Entre inspiration, talent et performer hors du commun, on peut s’attendre à voir une montée en notoriété et en talent du jeune artiste. On est déjà extrêmement bien servi, mais le meilleur semble rester à venir.

Découvrez le reste des photos de la soirée dans notre galerie.

Et retrouvez notre interview de janvier 2019 avec l’artiste ici.

Diane Houziaux
Diane Houziaux
diane.houziaux@hotmail.fr

Ma vie actuelle se résume à écouter le dernier album de Trash Boat, Crown Shyness, 12 fois par jour. Entre temps, je pars dans d'autres pays voir Knuckle Puck.