Turnover + Back On Earth à La Maroquinerie
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Turnover + Back On Earth à La Maroquinerie

Le rendez-vous est donné le 20 février à La Maroquinerie pour le retour du groupe de rock alternatif américain Turnover. Pour la date française, ils sont accompagnés des parisiens de Back On Earth. Le mélange des deux genres a permis de présenter une soirée aussi douce qu’enjouée.

Back on Earth

Après un Supersonic bien rempli au début du mois pour célébrer leur retour sur la scène parisienne, Back On Earth jouent aujourd’hui en première partie de Turnover. Ils ne perdent pas de temps pour montrer de quoi ils sont capables en présentant leur rock alternatif dans une salle qui reste encore intime à cette heure. Mais les présents semblent bien engagés dans leur performance à travers quelques pas de danse visibles. Le groupe profite de cette scène pour jouer des anciens titres et présenter leur nouveau single, Save Me. Énergique et enthousiaste, le groupe fait preuve d’un show qui réchauffe les cœurs à travers des sonorités pop rock et des paroles auxquelles le public peut s’identifier. Si les présents étaient à la recherche d’une bonne performance et de quoi s’échauffer avant Turnover, ils ont certainement eu ce qu’ils voulaient ! Et s’ils sont fans de groupes tels que Milestones, Like Pacific ou Seaway, il y a des chances d’en être ressortis comblés. En tout cas, cela a permis de bien engager la foule avant de voir Turnover entrer sur scène.

Turnover

L’heure pour Turnover de prendre la scène de La Maroquinerie arrive, et la salle est un peu plus remplie, même si elle reste dans un état plutôt intime. Mais cette ambiance ne serait pas pour nous en déplaire, étant dans l’attente d’un show à l’atmosphère douce et agréable. Et ce ton sera donné dès les premières notes de Still In Motion, suivi de Much After Feeling. Ces deux premiers titres sont tirés de leur dernier album, Altogether. Le groupe expérimente un côté un peu plus funk et jazzy et l’ajoute à leur indie rock. Mais ce soir, l’ambiance live ajoute une certaine douceur, et perd un peu de son côté dansant, alors qu’on s’attendait plutôt à l’inverse. La foule semble être davantage impliquée dans l’écoute que dans la démonstration physique. Jusque là, on veut bien comprendre. Cet effet continuera sur certaines chansons de leurs anciens albums tel que Sunshine Type et Take My Head, alors que la première peut facilement inviter au chant, et la deuxième à la danse… Ce manque d’engagement du public pourrait être frustrant pour les fans, alors que le groupe fait jusqu’ici preuve d’une grande douceur et semble bien dévoué à leur performance.

Le concert continue de prendre son cours, et le groupe mise énormément sur leur nouvel album avec Plant Sugar et Number On The Gate. Il est vrai que Austin Getz, vocaliste, est désormais armé d’un clavier, et non de sa guitare habituelle. Nouvelle ère, nouvel instrument ? Cet album se prête beaucoup plus à une performance liée à un synthé qu’à un instrument à cordes. Ce côté plus funk et aux sonorités plus électroniques vont faire un peu d’ombre à la guitare, toujours présente en live, mais qui perd sa place de lead, notamment sur le titre suivant, New Scream, tiré de l’album Peripheral Vision, très porté sur les instruments à corde. De ce fait, la guitare semble se faire peu entendre ce soir, à se demander s’il s’agit de nouveaux arrangements liés à cet album ou à la production live. On reconnaîtra que sur cette chanson, on retrouve quelques membres de la foule qui se mettent à chanter. Phénomène qui était malheureusement absent sur les titres de Altogether.

Après avoir joué Sending Me Right Back, le groupe passe à la partie « slow » du set avec la très douce Pure Devotion, tiré de l’album Good Nature. L’ambiance est encore plus reposée qu’elle ne l’était, mais cette fois-ci, cela ne semble pas décalé par rapport à ce qui pouvait être attendu. On observe quelques chants, quelques balancements de corps pour allier le calme et le romantisme que la chanson dégage. Cette atmosphère reste durant Ceramic Sky et Valley Of The Moon. Ces deux nouveaux titres prouvent de l’évolution du groupe par rapport à Pure Devotion : leurs inspirations pour cet album ont changé, mais finalement, ce qui en ressort reste très attaché à ce qu’est Turnover – soit un mélange de romantisme et de douceur, associé à un poids de douleur mis en chanson qui fait chavirer les cœurs.

Tout en restant dans l’ambiance de douceur qu’on connait depuis le début de leur performance, le groupe coupe cette partie « slow » en jouant Parties. Le potentiel dansant et de pratiques spectatorielles sur cette chanson est grand, mais le public reste dans le même état qu’à la première chanson. Et finalement, c’est peut-être pour cela aussi que le groupe reste sur le même ton pendant leur heure de show : le manque de réponse du public a un rôle sur la performance des artistes, et on ne peut les blâmer pour ça. Dans un sens, cette atmosphère d’enchantement semble associée à ce détachement d’une partie de la foule. Et sur cette chanson, cela se fait bien ressentir. Un grand contraste se créera lorsque les premières notes de Dizzy on the Comedown sont jouées. Un effet d’enthousiasme et d’enjouement est donné par le public, ce qui n’est pas arrivé tout le long du show. La raison ? C’est une des chansons les plus connues et appréciées du groupe. Là, les chants sont d’autant plus présents, même s’ils restent en minorité. Mais l’agitation se fait un peu plus ressentir, et l’ambiance est un peu plus à la fête. Pour autant, le groupe reste sur la même énergie, qui est relativement stable et posée, alors qu’on aurait pu s’attendre à un peu plus d’euphorie. De manière générale, il est vrai que la disposition scénique du groupe, au-delà du chanteur contraint à rester à son clavier, ne permet pas de grands mouvements sur scène. Il s’en suit le titre Super Natural, qui a connu un succès équivalent à la chanson précédente. Ainsi, ces deux titres sont comme le point culminant de la soirée. Mais elle s’achèvera finalement sur Humming, où la danse et le chant se sont un peu réduits, mais restent présents.

Le set fut un mélange de douceur et de sérénité malgré des instants de frustration liés aux moments très monotones de la part de la foule et du groupe. On ne se lasse pas le moins du monde de cette performance, mais on aurait pu s’attendre à des instants d’euphorie sur certaines chansons, au même titre que davantage de chants pour ressentir une osmose entre artiste et public. Ce dernier semble être présent pour passer un bon moment, mais ne semble pas si engagé que ça dans la performance ou être très familier avec les œuvres du groupe. On gardera en tête que leur musique est une source de bien-être, d’extériorisation et de relâche pour certains, qui prendrait peut-être davantage sa place dans une écoute studio qu’en live, selon l’expérience recherchée par le spectateur. On reste quand même impatient à l’idée de revoir le groupe et de vivre une autre expérience – avec une foule plus engagée et optimiste, dans l’espoir d’avoir une performance du groupe différente et plus satisfaisante.

Diane Houziaux
Diane Houziaux
diane.houziaux@hotmail.fr

Ma vie actuelle se résume à écouter le dernier album de Trash Boat, Crown Shyness, 12 fois par jour. Entre temps, je pars dans d'autres pays voir Knuckle Puck.