DAYSEEKER – Sleeptalk
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DAYSEEKER – Sleeptalk

C’est la dernière pépite découverte chez We Will Punk You! : Dayseeker. Le quatuor américain se place dans la lignée de groupes tels que Wage War, Thrice ou Polaris en explorant à la fois metalcore et post-hardcore. La touche émotionnelle et personnelle fera cependant toute la différence. Si vous n’avez pas eu l’occasion d’être conquis jusqu’à maintenant, tenez-vous prêts à découvrir un groupe aussi prometteur qu’il est déjà bluffant. Aujourd’hui, Dayseeker explore un aspect plus pop et mélodique avec leur dernier album, Sleeptalk. Celui-ci possède déjà tout ce qu’il faut pour vous faire vibrer, pleurer, chanter et crier. Et bientôt on l’espère, mosher.

L’album ouvre avec Drunk qui est l’introduction parfaite de l’essence de l’album : la chanson en elle-même évoque une histoire personnelle, contée avec émotion par le chanteur et songwriter, Rory Rodriguez, dont l’instrumental permet d’accentuer l’évolution. Rory partage sa perspective d’observer son père balancer les dommages du cancer par ceux de l’alcool. La dimension émotionnelle est accentuée par un rythme doux répété et une production synthétisée. On laisse le ton prendre place avant de le chambouler du tout au tout avec l’arrivée d’un refrain puissant où on retrouve une guitare rauque et une batterie affirmée, dignes de Dayseeker. Cet effet, dans une optique un peu plus pop et upbeat, est à retrouver dans le single éponyme, Sleeptalk. Le storytelling est toujours présent avec une base pop plus affirmée : couplet, refrain, couplet, refrain, bridge, refrain… Si le schéma n’a rien de surprenant, la performance de la chanson, elle, le reste. La chanson continue de se développer par des éléments qui s’ajoutent à un riff de guitare déjà suffisant pour vous scotcher à votre chaise. L’utilisation de la voix est exceptionnelle. Les passages chantés et criés sont finement réalisés. La subtilité de la chanson se crée par l’effet dreamy de la production. Prêtez bien l’oreille, des éléments continueront de faire surface. L’album fonctionne énormément sur ce schéma, en poussant la douceur rythmique au profit des paroles tel que dans Burial Plot, Already Numb ou encore Starving To Be Empty.

Mais l’écoute de l’album se fait sur une véritable montagne russe, passant entre deux pentes par des titres beaucoup plus poussés vers l’origine metalcore du groupe, mais reconditionné sous l’effet Sleeptalk. L’interlude The Embers Glow construit doucement vers un sentiment pesant, tel un cœur qui bat plein de lourdeur. Elle se fond dans les débuts de The Color Black qui fait passer l’album à une étape stupéfiante. Sans connaître le passé du groupe, ce titre se distingue particulièrement grâce au scream du chanteur et la mise en avant de la section rythmique : basse et batterie, très rauque. La guitare aura également son temps pour briller avec un riff surprenant et envoûtant. Les fans de metalcore, cette chanson vous appelle.

Et si vous en demandez plus, Gates of Ivory vous régalera par des screams saisissants balancés par des cleans sublimes et un solo de guitare digne de votre meilleur headbang. Envie d’une lead guitare entraînante et impressionnante ? Crooked Soul est là pour vous. La performance vocale semble faire le tour de l’étendue vocale de Rory, de sa voix la plus claire et douce à son scream le plus perfectionné. La puissance de ce titre est due à la rencontre parfaite entre chaque instruments mettant en avant le talent de Gino Sgambelluri (guitare), Andrew Sharp (basse) et Mike Karle (batterie). Chaque élément de ce titre se fait ressentir comme s’il s’agissait du point fort de la chanson. En réalité, c’est la collision de chacun d’entre eux qui arrivent à une composition à couper le souffle. La performance live de cette chanson ne pourra que vous le prouver :

Et le point culminant de l’album, c’est l’explosion émotionnelle et musicale du dernier titre, Crash and Burn. La chanson fait ressentir une réelle mélancolie sous une instrumentale nostalgique, accentuée par un piano subtil, amené à être de plus en plus appuyé. La guitare et la section rythmique restent sur une base douce et retenue pour laisser place au storytelling et à la douceur. Il faut l’entendre pour le vivre. L’accentuation de chacun des instruments au cours de la chanson et l’arrivée d’un riff de guitare fou par la suite vous fera perdre la tête. Et vous n’en serez pas au bout de vos peines. Après le calme, vient la tempête. La chanson et l’émotion ne font qu’escalader de minute en minute pour arriver à une apogée explosive et frénétique. En une chanson, Dayseeker arrive à créer une histoire instrumentale et vocale en pleine ascension où chaque élément ne cesse de surenchérir sur le précédent.

L’album Sleeptalk se présente comme des années de travail pour en venir à un son un peu plus expérimental à travers des schémas plus pop, davantage de voix claires et des inspirations post-hardcore. Mais le groupe garde au cœur les racines de Dayseeker. L’album parcourt le potentiel extraordinaire de chacun de ses membres, et le rendu est majestueux. Les écoutes répétitives ne lassent pas, et au contraire, elles continueront de surprendre votre oreille grâce à la subtilité de certains éléments qui continueront de s’ajouter et de rendre l’expérience enrichissante et toujours plus belle. Si Dayseeker donne l’impression d’être peu reconnu en France aujourd’hui, ce n’est pas un groupe duquel on peut se permettre de passer à côté. Et si j’essaie aujourd’hui de poser mon ressenti par écrit, dans leur cas, une écoute vaut mille mots.

Même avec l’écoute surprenante de Sleeptalk, sachez que vous n’avez pas encore vécu toute l’aventure Dayseeker. Le talent du groupe s’étendait auparavant vers un côté metalcore maîtrisé et époustouflant, notamment avec leur album concept précédent Dreaming Is Sinking//Waking Is Rising qui se place comme un de mes albums préférés de tous les temps. Et ce n’est qu’un aperçu de leur discographie phénoménale et diversifiée. Le groupe traite énormément de sujets humains liés à la santé mentale (Origin), aux agressions sexuelles (Vultures), à l’addiction (The Earth Will Turn), à la religion (A God Without A Face), au cancer (A Cancer Uncontained) ou encore aux ruptures amoureuses (Abandon). C’est un parcours sans faute pour le groupe.

En bonus, voici une petite sélection de titres à absolument écouter pour avoir une idée de qui sont Dayseeker : Sleep In The Sea Pt. II ft. Garrett Russell (2017), Waking is Rising (2017), The World Was Quiet (2015), The Burning of Bridges (2015), Incinerate (2013).

Diane Houziaux
Diane Houziaux
diane.houziaux@hotmail.fr

Ma vie actuelle se résume à écouter le dernier album de Trash Boat, Crown Shyness, 12 fois par jour. Entre temps, je pars dans d'autres pays voir Knuckle Puck.