Bearings – Hello It’s You
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Bearings – Hello It’s You

Le pop punk se porte toujours aussi bien, et vous pouvez remercier Bearings pour ça. Après un premier album très acclamé, le quintette canadien dévoile leur sophomore album, Hello, It’s You. Tout en faisant justice aux origines du genre, l’expérimentation est au rendez-vous !

Après avoir sillonné les routes aux côtés de State Champs, Set It Off, Grayscale ou encore Seaway au rythme des bangers et hymnes pop punk de Blue In The Dark, il est temps pour Bearings de continuer leur bon bout de chemin avec leur second album. Hello It’s You voit le jour le 20 novembre 2020 à travers Pure Noise Records et c’est exactement l’album dont on avait besoin pour sortir de la morosité des jours pluvieux de l’automne. Sans attendre, l’album ouvre sur Better Yesterday : un son pop punk, pour l’instant sans surprise mais toujours aussi bon. On ressent une vibe super positive, faisant écho à des sonorités telles que Knuckle Puck, With Confidence et Neck Deep. On est à la fois bercé et motivé par la lead guitare mélodique.

Dans le même esprit, l’album enchaîne avec Sway et Super Deluxe – deux singles sortis cette année pour présenter l’album. L’aventure pop punk continue avec des refrains entêtants, des instruments qui se complètent parfaitement et des contrastes de voix entre celles de Doug Cousins et Ryan Culligan. La production fait qu’on se régale autant sur les refrains que sur les couplets (La mise en avant de la basse jouée par Collin Hanes dans Sway est *chief’s kiss*). C’est un sans faute dans le schéma du genre : rythme entraînant, paroles qu’on chantera avec un énorme sourire en live tout en avançant nos meilleurs pas de danse. Alors que la production utilise quelques éléments pour nous faire danser, les paroles s’associent à la douleur et à la perte dans le cadre des relations amoureuses. En gros, on est accroché par la musicalité et déchiré par les paroles : quoi de mieux ? On remercie Bearings pour cette explosion de sentiments.

Une autre facette du spectre pop punk se fait ressentir dans les titres tel que So Damn Wrong et Love Me Like You Did avec des instants plus lents et un sentiment de pesanteur. Il est à noter que la formation s’est agrandie depuis son premier album, Le groupe accueille désormais Mike McKerracher à la batterie et Ryan Fitz à la guitare. Et Love Me Like You Did mets très bien en lumière ces talents. La mise en avant de la section rythmique ainsi que son intensité nous font bien ressentir la souffrance apportée par les paroles et la passion dans la voix de Doug. La batterie devient folle, et c’est pour notre plus grand plaisir.

Ce n’est pas la seule nouveauté que le groupe apportera. Malgré les pressions qu’amène le fait de créer un second album, les canadiens n’hésitent pas à expérimenter et développer leur son vers un pop punk plus californien et parfois électronique. Les fans déjà conquis sont surpris par les titres tel que Dreams où on est davantage sur une sonorité pop, emo et électronique. Mais le titre I Feel It All dévoilé en 2019 aurait pu nous mettre la puce à l’oreille par sa production plus innovante. Ils continuent de nous surprendre avec Lovely Lovely. Aux premières notes, on se dit “oh, c’est la chanson acoustique de l’album, il est temps de sortir les mouchoirs“. Mais au bout de quelques secondes, le groupe nous étonne avec l’arrivée des instruments en plein couplet, notamment avec une batterie assez marquée qui contraste avec l’ambiance douce du début. On se retrouve dans une ambiance entre 5 Seconds Of Summer et Broadside et on se laisse volontiers bercer par le storytelling de Doug lors des couplets pour revenir à un refrain assez répétitif qui nous restera en tête.

L’album représente musicalement et lyriquement les allers-retours entre souffrance et acceptation liée à la fin d’une relation. Le storytelling de chaque chanson est entendu et vécu, et la structure de l’album appuie là-dessus. La nostalgie se fait ressentir, et elle est d’autant plus belle dans Over Now qui se présente comme un des titres les plus forts et majestueux de cet opus. Si les titres plus feel-good étaient portés par des guitares mélodiques et que les sons plus lourds émotionnellement l’étaient par la section rythmique, on a ici une explosion des deux. La passion se fait entendre dans la voix du chanteur et des paroles tel que “I need to see the shadow in a different light” nous touchent en plein cœur. La résignation est là, mais pour les bonnes raisons. Il semble enfin trouver sa paix d’esprit. L’album se clôture sur Transient Colours. Et quelle chanson de fin ! C’est l’explosion de tout ce que le groupe a pu prouver à travers cet album : expérimentation, travail des instruments, l’apport des nouveaux membres, la souffrance et l’acceptation. La puissance dégagée est à couper le souffle. L’écoute est enivrante. Tenez-vous prêts à un rollercoaster émotionnel.

Hello, It’s You est une nouvelle étape brillamment réussie pour Bearings et pour la scène pop punk. De la prise de risque musicale à la vulnérabilité des sujets en passant par la présentation d’une nouvelle formation, on ne peut qu’applaudir le travail fournit vers l’aboutissement d’un second album audacieux qu’on pourra écouter en boucle. La qualité de la production fait écho à l’osmose du groupe en lui-même : on écoute 5 copains qui aiment faire de la musique ensemble, et ça se fait ressentir. On ne peut qu’admirer, non ?

Diane Houziaux
Diane Houziaux
diane.houziaux@hotmail.fr

Ma vie actuelle se résume à écouter le dernier album de Trash Boat, Crown Shyness, 12 fois par jour. Entre temps, je pars dans d'autres pays voir Knuckle Puck.